Les dossiers qui prouvent que la gauche n’a toujours rien compris à l’économie de marché

Après trois ans d’échec sur le terrain de l’économie et de l’emploi, la gouvernance socialiste n’a toujours pas compris comment fonctionnent le capitalisme et l’économie de marché.

François Hollande va fêter ses trois ans de présidence à sa manière. Il s’est arrangé pour que l’on ne parle pas des sujets qui fâchent, à savoir l’incapacité de ce régime à comprendre comment fonctionne l’économie de marché et surtout la création de valeur. Les seules annonces faites concernant les jeunes notamment prouvent une fois de plus que pour la gauche c’est l’Etat qui crée les emplois et suscite l’activité. Dès que l’on reproche aux ministres le triste bilan, ils ressortent l’héritage Sarkozy. Ce qui veut dire qu’en trois ans, ils n’ont pas réussi à renverser la vapeur et corriger le tir.

La France est d’ailleurs bien le seul pays en Europe à ne pas avoir compris comment fonctionnait le système économique.

Cette situation désespérante tient à un phénomène très simple : les cadres socialistes, les leaders écologistes et les dirigeants de l’extrême gauche ne savent pas comment, dans une économie, on génère de la valeur, de la richesse et de l’activité. Plus grave, non seulement ils ne savent pas, mais ils ne veulent pas l’apprendre. C’est trop contraire à leur idéologie.

Il aurait fallu diffuser à la télévision les nuits de discussions conduites par Emmanuel Macron quand il a défendu sa loi à des élus socialistes. Il a dû, avec un tableau, démontrer à 4 heures du matin que le capitalisme ne pouvait fonctionner que si les capitaux investis dégageaient de la rentabilité. Et que c’est cette rentabilité qui permettait d’investir, d’embaucher et par conséquent de créer de la croissance.

La gauche ne croit pas à ce raisonnement. Un raisonnement d’école maternelle. La gauche continue de croire que c’est l’Etat qui peut le plus facilement créer des emplois, la gauche pense que pour relancer la croissance il suffirait de regonfler le pouvoir d’achat, la gauche estime que la France à la capacité de gérer des grands secteurs, de fermer les frontières et de mettre les industriels à l’abri de la concurrence. La gauche est convaincue qu’elle pourrait assouplir le fonctionnement de l’union européenne contre l’avis de ses partenaires. Tout en continuant à profiter des avantages d’un règlement assez stricte.

Le résultat d’un tel décalage entre ce que la gauche croit qu’elle peut faire et la réalité des faits, c’est que le pays est en train d’abandonner ses plus beaux fleurons industriels.

Le week-end dernier, pendant que le président de la République essayait d’amuser les jeunes Français sur Canal+, les dossiers industriels ont continué de s’amonceler sur les bureaux de Bercy. François Hollande n’en a pas parlé une seule seconde, et pour cause, sur chacun de ses dossiers, l’Etat français s’est retrouvé dans l’erreur.

Tout d’abord, il y a l’affaire Dailymotion. Après le refus brutal de l’opération américaine par Montebourg, Orange a essayé de vendre à un investisseur chinois avant de s’apercevoir qu’il y avait peut-être des repreneurs français ou allemands. C’est Vivendi qui a emporté le morceau. Un jour, on fera la lumière sur cette opération qui flatte l’ego industriel national. Mais on voit mal à priori les intérêts immédiats de Vivendi à reprendre Dailymotion. Vincent Bolloré joue toujours un coup avant les autres. Il y trouvera sans doute son intérêt, mais plus tard. Il a rendu service à l’Etat en lui enlevant une épine du pied. L’Etat a donc une dette.

Ensuite, l’affaire Alstom. Le dossier est fermé au profit de General Electric. Ce n’est pas très glorieux mais il n’y avait pas d’autres solutions. En refusant de longue date de favoriser des alliances autour du nucléaire avec EDF et Areva, le gouvernement condamnait Alstom à se vendre par appartement pour trouver dans chaque activité la taille critique au niveau mondial. Ce que GE a apporté.

L’affaire Alcatel est beaucoup plus cocasse. En se vendant à Nokia, Alcatel sauve sa peau, les usines et les emplois qui lui restent et préserve son unité de recherche au sein d’un groupe européen. La gauche ne dit rien, mais elle grogne. Elle ne dit rien parce qu’elle est coupable de n’avoir jamais aidé Alcatel à trouver une taille critique. La gauche et les hauts fonctionnaires de gauche sont coupables de n’avoir jamais favorisé les marchés d’Alcatel. La solution trouvée la semaine dernière est un moindre mal. Si la direction du nouveau groupe ne fait pas de bêtise, elle peut faire de ce mariage, le premier fournisseur de réseaux dans le monde. Le groupe sera européen, capable de concurrencer les Américains ou les Chinois.

Le quatrième dossier qui vient d’être ouvert est beaucoup plus grave. Il concerne Renault. En exigeant d’obtenir des droits de vote double, l’Etat français peut faire ou défaire une décision. Carlos Ghosn est donc dans une position difficile et les actionnaires de chez Nissan, qui possèdent 35%, de l’alliance en position minoritaire. L’Etat Français a tout simplement oublié que Renault a été sauvé par Nissan et qu’aujourd’hui encore Nissan lui apporte ses profits réalisés dans le monde entier.

Si l’Etat français persistait dans son ambition d’organiser une renationalisation rampante de Renault, il est évident que les actionnaires japonais de Nissan partiraient avec armes et bagages vers d’autres cieux en proposant à Carlos Ghosn de conduire le déménagement. Renault perdrait sa locomotive technologique, ses marchés américains et brésiliens et son capitaine.  La gauche n’a vraiment rien compris au système.

Le cinquième dossier peut déboucher sur une catastrophe. La gauche au pouvoir vient de s’apercevoir qu’EDF est une entreprise fragile et qu’Areva est quasiment un champ de ruine. Sur Areva, la gauche est coupable d’avoir fermé les yeux sur les agissements de la présidente du directoire, Anne Lauvergeon, sous le prétexte qu’elle était une amie de la famille.

Or c’est sous sa direction que l’entreprise a raté le virage de l’EPR. C’est sous sa direction que l’on a systématiquement refusé les alliances avec Bouygues et Alstom, puis avec EDF. Aujourd hui, il va pourtant falloir reconstruire la filière avec Areva et EDF. L’intelligence de François Hollande est de ne pas avoir nommé à la tête des deux entreprises ses amis proches.

Il pourra donc être plus facilement le patron. Encore faut-il qu’il le veuille. Pour l’instant, il n’a fait que déléguer à Ségolène Royal pour effectuer le travail le plus difficile : augmenter les tarifs de l’EDF qui a besoin d’argent et négocier le sauvetage d’Areva via une alliance logique avec EDF.

Pour l’instant, le Président n’a rien fait. Il laisse faire jusqu’au moment où il y a le feu. A ce moment-là, il éteint le feu et stoppe tout. Le risque existe aujourd’hui qu’il arrête tous les chantiers en cours.