Les entreprises ont mieux compris que les gouvernements les risques d’effondrement et s’organisent plus vite pour échapper au pire.

La majorité des grandes entreprises se sont organisées très vite pour éviter l’effondrement et ce sont elles qui dans la plupart des cas, poussent les gouvernements à prendre des mesures plus radicales pour endiguer la contamination. 

Alors que les gouvernements occidentaux ont tous (ou presque) pris des mesures radicales de confinement tout en préparant quoi qu’il en coute, des plans de soutiens aux entreprises et de relance aux économies en voie d’asphyxie, la plupart des grandes entreprises n‘ont pas attendu pour s’organiser de façon à continuer de travailler tout en préservant la santé de leurs salariés. 

Les plans pour faire face à l’épidémie sont déjà prêts depuis des semaines et on s’aperçoit que les grandes entreprises sont capables d’initiatives pour s’adapter à une situation qu’elles étaient loin d’imaginer. Toutes les entreprises ont élaboré des scénarios pour faire face à des évènements improbables mais plausibles : crise financière, grève généralisée, explosion accidentelle, terrorisme, incendie, inondation, attaque internet, tsunami et même conflit armé.. Toutes les organisations ont mis au point des plans de fonctionnement alternatif avec la collaboration de leurs assureurs pour répondre à de tels disfonctionnements. Mais l’hypothèse d’une pandémie mondiale qui viendrait à bloquer toute activité humaine ne pouvait même pas faire l’objet d’une science-fiction la plus folle. 

Dans la réalité du monde des affaires, on a très rapidement pris conscience de la gravité de la situation et on expérimente des organisations du travail qui permettent d’assurer la continuité de certaines activités, en limitant la mobilité des personnels et les occasions de contacts humains.

1er changement: l’annulation ou le report de toutes les réunions à l’intérieur ou à l’extérieur des entreprises. Finies les conventions de personnels et les salons professionnels, finies les réunions physiques ou alors elles sont réduites à leur strict minimum.

2e changement: interdiction de tous les voyages par avion ou par le train. Ça touche d’abord les personnels des multinationales. Les 40 plus grandes entreprises du Cac 40 , la quasi-totalité des grandes entreprises américaines ont pris cette décision. 

3ème changement : organisation d’un confinement alternatif, avec des équipes d’employés qui effectuent des roulements. Certaines parties du personnel travailleront de chez eux quand d’autres resteront dans l’entreprise, et selon un planning très précis, devront alterner sans jamais se croiser. On équipe les salariés pour qu’ils puissent travailler de chez eux avec le maximum de logiciels et de fonctionnalités.

4e changement :  déconcentration des services administratifs ou directions générale dans des immeubles différents et séparés. Les fonctions support sont généralement toutes mises en télétravail.

5e changement : appel massif au chômage partiel afin de permettre aux entreprises d’alléger leur charge de travail sans rompre les contrats de travail. Le chômage partiel permet aussi aux personnels de se tenir éloigner du lieu de travail s’ils estiment que ce lieu est devenu risqué ou alors s’ils ont besoin de garder des enfants en bas âge à domicile.  Mais il permettra aussi aux entreprises de redémarrer très vite quand le contexte le permettra.  

 

Le télétravail est en train d’exploser sous toutes ses formes. Contraints, les salariés vont trouver une nouvelle façon de travailler, de communiquer mais aussi de manager des équipes ou de prendre des décisions.

 

Évidemment, ce type d’adaptation ne peut pas s’appliquer à toutes les activités. Tout ce qui participe à la production industrielle, par exemple, ne peut guère bouger. Le gros effort est donc fait sur la protection des personnels avec masques, gants, blouses. Ce type d’adaptation ne peut être décidé que par l’entreprise avec l’accompagnement financier de l‘Etat. 

Alors ces initiatives sont évidemment indispensables à la santé publique et à la préservation du capital de production. Mais elles peuvent aussi annoncer une évolution durable des formes du travail dans l’entreprise . Il y aura forcément un après coronavirus qui prendra en compte les effets ou les impacts de la pandémie.