Les Etats autoritaires ne peuvent pas durablement survivre sans respecter les règles de l’économie de marché.

La Chine, la Russie, l’Iran prouvent qu’ils ne pourront pas survivre longtemps sans respecter les règles de l’économie de marché. Le capitalisme n’est pas nécessaire ? Les règles de l’économie de marché, oui.

« Un grand pays ne peut être grand que s’il est aussi tout une grande puissance économique ». C’est Catherine Nay qui rapporte cette phrase de Georges Pompidou dans son magnifique « théâtre du pouvoir »qui raconte, par le détail, un demi-siècle de politique française. C’est une forme de vérité que les spécialistes de géopolitique devraient méditer quand ils essaient de nous éclairer sur l’actualité du monde.

L’année 2022 nous aura montré les limites atteintes par les Etats autoritaires. Car si la Chine, la Russie ou l’Iran font tellement de mal, et éprouvent tellement de difficultés à imposer leur ambition souvent funeste, c’est qu’ils ne sont pas devenus de grandes puissances économiques

Et s’ils ne sont pas devenus de grande puissance économique, alors qu’ils avaient les hommes pour travailler et les richesses naturelles à exploiter, c’est parce qu’ils n’ont jamais pu appliquer et respecter les règles de l’économie de marché.

Quand la Russie s’est libérée du joug communiste dans les années 1990, la guerre froide qui opposait deux parties de la planète s’est éteinte. Le système occidental géré selon des logiques décentralisées du capitalisme libéral s’est imposé.  Sauf qu’un demi-siècle plus tard, on s’aperçoit que le président de la fédération de Russie n’a surtout pas abandonné les valeurs et les moyens de l’étatisme. Les outils de production, les actifs ont été redistribués à quelques oligarques, les marchés russes se sont ouverts à l’occident, mais la Russie n’est pas devenue pour autant un pays très riche. Et pour cause : peu d’investissements en infrastructures, en éducation, en social. Le peuple russe a perdu une forme de sécurité mais n’a pas bénéficié de la prospérité économique qu’on lui promettait.

En Iran, quand la révolution a balayé le Shah parce qu’il voulait occidentaliser trop vite son pays, il a été remplacé par des religieux qui, sous la protection de Dieu, ont installé un pouvoir autoritaire, ultra centralisé. Les religieux n’ont pas redistribué la richesse, ils l’ont utilisé pour s’armer et se protéger en maintenant l’ordre.

La Chine est entrée dans l’OMC au début du 21e siècle, parce que les dirigeants chinois voulaient s’immerger dans l’économie mondiale. Les Chinois ont beaucoup profité de la mondialisation sans pour autant s’ouvrir aux méthodes occidentales et redistribuer au plus grand nombre leurs richesses. Le résultat, c’est qu’aujourd’hui, un malheureux virus qu’il n’ont pas voulu voir au départ et contre lequel ils n’ont pas voulu se défendre autrement qu’en s’enfermant, les dérègle et les fragilise. La Chine n’a pas les moyens de se combattre le covid. Comment pourrait-t-elle devenir la première puissance mondiale comme elle l’a promis à son peuple? Réponse, elle n’y parviendra pas s’il elle n’adopte pas quelques principes de liberté qui gère l’économie de marché.

L’actualité de l’année 2022 nous montre à l’évidence qu’un État autoritaire est fragilisé par l’inflation, la misère, les inégalités sociales et surtout par l’absence de libertés individuelles.

Le niveau de prospérité économique et la capacité de créer de la richesse dépend étroitement de deux choses :

Un : Des libertés individuelles et notamment des libertés de bouger, d’innover, de travailler et sans doute de s’enrichir.

Deux : du respect des contrats et des accords. Donc du droit.

Avec les libertés individuelles et le respect du droit, on peut bénéficier d’un climat de concurrence et la concurrence est évidemment facteur de progrès et de création de richesses.

La question de la redistribution des richesses créées est un autre problème, beaucoup plus politique. Ceci étant, cette redistribution passe le plus souvent par l’outil capitaliste et la démocratie politique.

Toutes ces questions font affreusement peur aux dictatures et même aux États autoritaires. La puissance économique dépend de l’économie de marché qui entraine de facto la concurrence individuelle, et par conséquent, le débat politique donc la démocratie.

Dans l’histoire de l’humanité, les dictatures n’ont jamais voulu reconnaitre que la prospérité économique dépendait de l'économie de marché et pour cause. L’économie de marché implique la liberté individuelle qui lamine leur autorité.