Les évidences du plan Valls sont telles qu’il sera adopté

Malgré les psychodrames de la gauche, la menace des écologistes et les sarcasmes de la droite, le plan d’économies budgétaires sera adopté par les parlementaires. Explications.

Malgré les psychodrames de la gauche, la menace des écologistes et les sarcasmes de la droite, le plan d’économies budgétaires sera adopté par les parlementaires. Explications.

Le pacte de responsabilité, assorti d’un pacte de solidarité, compose ce plan de redressement qui sera soumis au vote du parlement. Il sera adopté parce qu’il comporte des évidences  que la violence du théâtre politique a eu tendance à masquer.

Première évidence : Le plan ressort de la politique européenne dont la France a signé les contraintes et les finalités. François Hollande ne peut pas ne pas respecter sa signature, alors que tous les autres partenaires  respectent la leur.  A partir du moment où la France a choisi de vivre en copropriété, la France doit appliquer le règlement de copropriété qu’elle a elle-même établi.

François Hollande et Manuel Valls ne peuvent pas s’affranchir de ces contraintes sauf à s’exclure du processus européen et à vivre en marge de l’environnement mondial. Si l’évolution européenne ne nous convient pas la seule solution serait de négocier des réformes. Les seules réformes intelligentes à demander seraient d’accélérer le processus d’intégration politique. Ce qui était prévu depuis les origines et repris avec force dans le traité de Maastricht. « L’intégration monétaire devra s’accompagner d’une intégration politique », c’est-à-dire budgétaire, fiscale et sociale … La force de la crise internationale a balayé les ambitions fédérales des uns ou des autres au profit de tentations protectionnistes.

Seconde évidence : Le plan d’économies budgétaires de 50 milliards est énorme, sauf qu’étalé dans le temps, il ne fera que ralentir la hausse naturelle des dépenses publiques. D’abord, c’est  vrai, jamais dans l’histoire de la France de ces trente dernières années, un gouvernement de droite ou de gauche avait osé proposer un tel plan.  Sauf que  ces 50 milliards sont à dispatcher sur trois ans, soit 17 milliards par an. Quand on sait que les dépenses publiques ont une tendance naturelle à croître de 20 milliards par an, décider une économie de 17 milliards par an revient à raboter l’ensemble et à stabiliser et encore le niveau des dépenses.

C’est François Hollande qui l’avait souligné. Ce plan d’économies de 50 milliards sur 1800 milliards représente 4% des dépenses. Le rabot passera donc pour 4%. On est loin de l’austérité qui angoisse la gauche de la gauche. L’angoisse est formelle, théâtrale,  les députés  de gauche sur-jouent mais savent la réalité. La dépense publique va continuer de progresser.

Troisième  évidence : La vérité de ces 50 milliards d’euros oblige à dire qu’on va rester à la surface des choses. On ne s’attaque pas aux structures. Rien sur le périmètre de l’État, rien sur les effectifs de la Fonction publique  et seulement un débat à échéances très lointaines ouvert sur les structures administratives.

Quatrième évidence : Le plan de compétitivité étant assorti d’un pacte de solidarité qui, lui, n’a pas été financé, l’effort budgétaire ne sera pas suffisant. Il manquera à l’arrivée 5 milliards par an, et au total 15 milliards.

Dans ces conditions, la majorité de gauche n’a vraiment pas intérêt à aller au clash avec le gouvernement. Sans le reconnaitre publiquement, elle espère seulement que ce plan nous permettra d’éviter les foudres de la Commissions européenne et d’attendre le vent de la croissance qui commence à souffler en espérant que le souffre puisse passer à travers ce qui reste de frontières.

La gauche aujourd’hui est prise à son propre piège. Depuis le début de la crise, la gauche a expliqué à ses électeurs que les gouvernements successifs nous ont infligés un régime d’austérité insupportable, alors que l’effort demandé aux Français est ridicule par rapport à celui qui a été consenti par les partenaires européens. Le résultat de cette drôle de pédagogie, c’est que les Français sont convaincus d’être soumis à une austérité sévère alors que ça n’a pas été vrai. Maintenant que le Président et son Premier ministre sont obligés de commencer à serrer la ceinture. La majorité crie comme un condamné à l’article de la mort.

Le président de la République souffre donc d’une impopularité qu’il ne « mérite » pas puisqu’ il n’a pratiquement rien fait. Ses résultats sont donc inexistants. Son Premier ministre jouit d’une grande popularité, parce qu’il a dit la vérité sur la situation et prévenu les français de mesures douloureuses. Il a beaucoup parlé. Pas sûr qu’il fasse ce qu’il a dit qu’il ferait.