Les footballeurs n’ont pas le monopole de la connerie

Par Jean-Marc Sylvestre. Les frères Karabatic, leurs compagnes ainsi que les autres handballeurs et le kiné ont tous quitté mardi matin le service central des courses et jeux à Nanterre pour rejoindre Montpellier où l’instruction sur le match présumé truqué est menée. Cette histoire de handballeurs soupçonnés d’avoir perdu un match parce qu’ils avaient misé de l’argent sur leur défaite est surréaliste. Voilà des champions qui ont raflé toutes les médailles possibles, au point d’être devenu des symboles de la réussite française, des vrais, des honnêtes… des sportifs quoi. Des modèles transformés en icônes. Pas de ces champions richissimes du foot qui s’offrent des voitures et des filles, pas de ces cyclistes qui à force de se charger à l’EPO ont dénaturé des épreuves qui faisaient courir les foules populaires.  Non, les handballeurs étaient bien sous tout rapport. Ils avaient du talent, de la chance et ils pouvaient devenir riche très vite. Et puis voila qu’on les retrouve là où on ne devait pas les retrouver. A parier de l’argent sur le résultat de leur match –ce qui est formellement interdit – avec en prime, le  soupçon d’avoir truqué le résultat pour gagner et faire gagner les amis, la famille, les compagnes. Comment détruire une réputation formidable en quelques minutes pour gagner quelques milliers d’euros. Si encore ils avaient pu gagner des millions d’euros. Mais non ! Les gains sont dérisoires à côté de ce qu’ils vont perdre auprès de leurs sponsors et de leur public. Moralité, on peut être champion mais  ça ne donne pas le droit d’être con. Celui  qui possède un don, un talent, une chance, un pouvoir, le courage et l’intelligence de l’utiliser n’a aucun privilège pour autant. Au contraire, il a l’obligation d’être exemplaire.