Les hôteliers français commencent à comprendre que le succès d’Airbnb leur rend service ...La maire de Paris est une fois de plus ridicule.

Contrairement à ce que pense Anne Hidalgo, les hôteliers parisiens n’ont aucune raison de se plaindre du développement d’Airbnb et le tourisme français, lui, a tout à gagner. 

Il y a des jours où les politiques devraient faire confiance au fonctionnement du marché. Le marché est plus souvent rationnel que les administrations dopées à la démagogie politique. 

Anne Hidalgo voulait la peau d’Airbnb, uniquement pour faire plaisir aux petits hôteliers. La dernière rafale qu‘elle a cru infliger à la plateforme a été de tenter de s’opposer à ce qu’Airbnb devienne sponsor du CIO et donc des prochains Jeux Olympiques. Elle a finalement tout faux.

Non seulement les actions en justice engagées contre la plateforme américaine ont échoué, mais les hôteliers ont tout à gagner de la cohabitation avec Airbnb. Les râleurs ont été déboutes. La mairie de Paris a été ridiculisée. 

La semaine dernière, la Cour de Justice européenne donnait raison à Airbnb dans un conflit qui l’oppose à un lobby d’hôteliers. Le site de réservations a été considéré, par la justice européenne, comme « un service d’intermédiation qui a pour objet, au moyen d’une plate-forme électronique, de mettre en relation, contre rémunération, des locataires potentiels avec des loueurs professionnels ou non professionnels proposant des prestations d’hébergement de courte durée »

 

Encouragés et parrainés par des élus politiques parisiens, des hôteliers avaient transmis cette affaire à la justice, jugeant qu’Airbnb leur fait une concurrence déloyale puisqu’il propose les mêmes services qu’eux sans être soumis aux mêmes contraintes (de normes, d’accueil, accessibilité handicapé ou encore de fiscalité car les hôtels appliquent la TVA alors Airbnb non).

 

Le succès d’Airbnb en France est incontestable. La France est le  2ème marché d’Airbnb en termes de chiffre d’affaires, derrière les Etats-Unis et  Paris, 1ère ville en nombre d’annonces.

Les réservations connaissent elles, une croissance à deux chiffres d’année en année (+ 19 % en 2017 après + 25 % en 2016) selon l’Insee. Le bilan d’activité après dix années d‘innovation est clair :

 

Premier point , l’hôtellerie n’a pas pâti de l’arrivée d’Airbnb. Le taux d’occupation des chambres est resté stable depuis 10 ans, autour de 60%, ce qui n’aurait pas été le cas si Airbnb avait phagocyté l’hôtellerie ou siphonné le marché comme certains le prétendaient.  

 Deuxième point : Depuis deux ans l’hôtellerie traditionnelle s’est mise à utiliser la plateforme américaine et profite à plein de ses atouts.  Airbnb n’est officiellement plus réservé aux particuliers et a ouvert sa plateforme à l’hôtellerie. Les hôtels eux-mêmes s’inscrivent et publient des annonces sur Airbnb. 1 hôtel parisien sur 5 est donc adepte de cette nouvelle méthode de distribution, même si, comme sur Booking, il y perd une commission au passage.

 

AIrbnb représente donc une offre d’hébergements supplémentaires, offre déja absorbée par le marché, qui rencontre ses clients. L’offre a crée la demande, comme disait Schumpeter et tout le monde en profite.

Certains experts du secteur affirment que les clients, les besoins ne sont pas les mêmes. Pour résumer, on peut comparer ça à une bicyclette et une voiture, qui ne sont pas vraiment concurrents mais complémentaires. L’objectif est le même, mais les besoins, le confort ne sont pas concurrents. Les clients ne vont pas être forcément les mêmes. Les hôtels sont destinés aux courts séjours ou aux clientèles d’affaires alors que les locations d’appartements et de maisons, c’est plutôt pour les longs séjours et les familles. 

 

Une offre supplémentaire utile si la France veut conforter son rang de nation touristique et réaliser les ambitions qu’elle se fixe.

Aujourd’hui, près de 90 millions de touristes étrangers mettent le pied en France chaque année. Les professionnels du secteur n’ont jamais caché leur ambition de porter de la barre des 100 millions, chiffre qu’ils espèrent atteindre dès 2022, dans la perspective des Jeux Olympiques de Paris deux ans plus tard.

Sauf que les capacités d’accueil actuelles sont déjà considérées comme trop faible pour accueillir public et organisation. Si la France veut respecter ses ambitions, elle ne le pourra le faire qu’en comptant sur ces hébergements particuliers. 

Restera à régler la question fiscale et clarifier ce que paie ou doit payer en France la plateforme sur les résultats réalisés dans l’Hexagone. Elle est d’ailleurs concernée par la taxe GAFA mise en place par la France.

C’est un dossier que personne ne veut véritablement ouvrir parce qu’au-delà de l’hypocrisie d’un discours politique, tout le monde profite de la situation encore un peu floue.