Les marchés se rappellent aux bons souvenirs des candidats

3%, c’est le taux d’intérêt appliqué à l’État français sur des emprunts à dix ans lors d’une émission obligataire mardi.

Vous le savez, chaque jour, l’État emprunte de l’argent sur les marchés pour financer son budget et payer ses fonctionnaires. Mardi lors d’une émission obligataire, c’est-à-dire une demande d’emprunt sur le marché, les taux sont revenus au niveau du début de l’année. Le différentiel avec les Allemands s’est creusé de 130 points de base soit, pour faire plus simple, 1,3%. En résumé, l’Allemagne emprunte à 1,70%, la France à 3%, l’Italie à 5,42% et l’Espagne à 6%. Ces différences de taux mesurent les différences de risques. Cela veut donc dire que les marchés considèrent que la France s’approche de l’œil du cyclone.

Notre situation inquiète pour deux raisons. D’une part parce que notre activité est molle : Trop peu de croissance, les prévisions de l’OCDE le disent. D’autre part, parce les candidats à la présidentielle ne semblent pas avoir pris la mesure du danger. Ils ne disent pas comment on remboursera la dette, pourtant cette situation ne va faire qu’empirer.

Le matin du 7 mai, le candidat élu recevra un coup de téléphone de la Direction du Trésor qui lui indiquera les taux d’intérêts. Ces taux indiqueront le degré de confiance que les marchés accorderont au nouveau Président, c’est-à-dire si nous auront de quoi respirer ou pas. Peu importe son nom, le nouveau Président n’y échappera et devra composer avec cette vérité là.