Les milieux d’affaires appréhendent la réaction de François Hollande après les municipales

Pour les milieux d’affaires, le résultat catastrophique des élections municipales va obliger le président à réagir. Et pour les acteurs clefs du système économique, patrons et syndicats, il a deux réponses possibles en fonction de l’analyse qu’en feront les cadres du Parti socialiste.

Pour les milieux d’affaires, le résultat catastrophique des élections municipales va obliger le président à réagir. Et pour les acteurs clefs du système économique, patrons et syndicats, il a deux réponses possibles en fonction de l’analyse qu’en feront les cadres du Parti socialiste.

Les milieux d’affaires ne se passionnent guère pour les querelles politiques, le jeu des alliances et des mésalliances. En revanche, ils attendent avec inquiétude la réaction du président de la République au lendemain du deuxième tour des municipales. Ils  retiennent que la majorité ne cache pas son échec et sa déception. Cette majorité, arrivée au pouvoir il y a deux ans, ne pensaient pas se voir infliger une telle claque. Le taux d’abstention s’est particulièrement creusé dans la famille de gauche, et les élus, beaucoup d’élus socialistes, ont été sanctionnés.

Les responsables du Parti socialiste, les ministres un peu courageux et lucides, reconnaissent désormais  qu’ils ont subi un désaveu terrible. Maintenant, la question est de savoir comment ils expliquent ce désaveu. Certains à l’extrême gauche, au Parti communiste, au Front de gauche et beaucoup à la base du PS, accusent le gouvernement de ne pas avoir respecté les promesses de campagne. Pas assez de redistribution sociale, pas assez de transition écologique, etc.

D’autres au Parti socialiste estiment que cet échec électoral est du au manque de résultats. Certes, le bilan était trop lourd, disent-ils, mais l’œuvre de réforme n’a pas été assez rapide. A partir de cette double analyse, le président de la république a deux scenarios possibles,  deux réponses.

Premier scénario, le retour à gauche toute. Retour à la case départ. Si François Hollande ne retient que la colère de son électorat est imputable au non respect des engagements de gauche comme le lui explique beaucoup de ses conseillers, il reviendra alors aux fondamentaux de gauche. Avec, pourquoi pas, Jean-Marc Ayrault pour gérer ce retour aux sources, mais avec des marqueurs de gauche très forts.

Pour les milieux d’affaires et pour nos partenaires européens, ce scénario très politique consisterait à retrouver sa majorité plurielle et serait politiquement logique. Seulement, pour tous les acteurs clefs du système, ce scénario serait catastrophique. Jamais la France ne trouvera l’argent pour continuer à financer le modèle social que les électeurs de gauche protègent come la prunelle de leurs yeux et qui risque l’abandon sur l’autel de la concurrence internationale et de la modernité.  Catastrophique parce que l’économie française a besoin de compétitivité.

Deuxième scénario, la reprise du virage social-libéral annoncé. Si François Hollande pense qu’il a échoué faute de résultats, sur le chômage et la croissance, il ne peut que reprendre l’application de son pacte de responsabilité. C’est-à-dire organiser au plus vite les baisses de charges d’un côté, et les baisses de dépenses publiques de l’autre. Le tout couronné par des réformes structurelles qui devraient rendre le marché du travail plus flexible. Ce scénario est le moins mauvais. Encore faut-il avoir le courage de le gérer.

En fait, François Hollande  est une fois de plus coincé entre deux contraintes incontournables mais contradictoires. Une contrainte politique qui le pousse au conservatisme et au laxisme. Une contrainte économique qui devrait l’amener à respecter les faits, les chiffres. La France est le dernier des grands pays occidentaux ou le Parti socialiste ne reconnait pas les règles de l’économie de marché et par conséquent refuse de s’y adapter pour de bon.