Les moins de 25 ans plus déprimés par la crise que leurs ainés, mais confiants dans leur capacité de redressement professionnel.

La génération Z est déprimée, parce que l’année qui vient de s’écouler leur a été difficile.
Pour l’avenir, ils sont plus optimistes que leurs ainés sur leur capacité à rebondir. Cette
génération abimée n’a pas peur des changements à venir.

Cette planète ne tourne vraiment pas rond. Il y a quelque chose d’incongru à entendre des chefs d’Etat et de gouvernement vouloir lancer une campagne de vaccination mondiale et n’y associer ni les Russes, ni les Chinois.

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G7, le groupe des pays les plus riches du monde, réuni depuis hier à Cornouailles au Royaume-Uni, ont bien montré que le vaccin contre la Covid était devenu une arme de guerre géopolitique pour tout le monde.

Les pays occidentaux sont en train de repartir, grâce à de nouvelles règles, grâce à leur capacité d’adaptation, aux mutations digitales et énergétiques, mais surtout grâce aux campagnes de vaccination déjà bien avancée.

De tout le G7, l’Amérique du Nord est l’espace économique qui a redémarré le plus vite et le plus fort, parce que le système américain a beaucoup aidé le marché, parce que l’économie ne s’est pas effondrée comme en Europe, mais c’est aussi et surtout parce que la campagne de vaccination a été la plus rapide et la plus efficace : 64% de la population est déjà vaccinée aux États-Unis. En Europe, le nombre de personnes vaccinées s’élève à 30%. Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont franchi la barre des 50% de vaccinés. Depuis quelques semaines déjà, l’avenir s’annonce donc un peu plus clair, avec des économies un peu plus dynamiques.

Cela dit, plus de la moitié de la population mondiale est exclue de ces perspectives : en Afrique, en Amérique du Sud ou en Inde. La situation est catastrophique. Or au-delà de l’aspect moral inacceptable, les dirigeants des pays riches ont parfaitement conscience que la planète toute entière sera protégée que si et seulement si l’ensemble de la population est à l’abri du virus. Il faudra donc vacciner tout le monde, riches et pauvres, dans l’hémisphère nord comme dans l’hémisphère sud. Actuellement, 20 % de la population mondiale utilise les 80% des vaccinations. Une grande partie du monde reste à l’écart des progrès actuels. Avec des risques aussi bien sanitaires qu’économiques.

Entre l‘Amérique centrale et du Sud, l’Inde et l’Afrique, il faut urgemment vacciner 3 milliards d’hommes et de femmes qui sont exclus des systèmes de santé et qui n’en ont pas les moyens.

Or, actuellement, seulement 80 millions de doses ont été envoyées en Afrique. L’OMS a donc lancé, en début de semaine, un appel d’urgence et solennel aux pays riches.

Pour sa première visite officielle en Europe, le président américain Joe Biden a répondu à l’OMS en avec une promesse de dons de 500 millions de vaccins, à distribuer de façon équitable aux 100 pays du dispositif Covax, programme mondial pour aider à répandre la vaccination dans le monde, et surtout dans les pays pauvres. Dès la première journée du sommet, les dirigeants du G7 – États-Unis, Royaume-Uni, Japon, Canada mais aussi France, Italie et Allemagne - se sont, eux, mis d’accord pour donner un milliard de doses de vaccin, dont la moitié, donc, fournie par les États-Unis. Les laboratoires ayant participés à la course au vaccin, Pfizer, Moderna Johson&Johson ou AstraZeneca, sont également invités à avoir leur part de générosité et à faire don de l’équivalent de 10% de leurs doses vendues aux pays pauvres.

L’idée des dirigeants occidentaux est de porter le taux de vaccination du continent africain à 40% d’ici la fin de l’année 2021 et 60% d’ici 2022. L’objectif étant d’éviter à tout prix que l’Afrique ne devienne un territoire où puisse se développer un nouveau variant qui résisterait aux vaccins existants et menacerait de nouveau l’ensemble des populations. C’est uniquement avec une vaccination globale de la population que le monde peut espérer se débarrasser définitivement du Covid.

Pour autant, il faut éviter de tomber dans l’angélisme. Ce problème de la vaccination mondiale porte en lui des questions politiques qui ne facilitent pas les opérations d’approvisionnement. A qui distribuer les doses et pourquoi le faire, à quelles conditions ? La géopolitique n’est pas absente du débat. Pendant que les habitants des pays riches discutent doctement sur les coûts et avantages comparés du vaccin Pfizer et Astra Zeneca, pendant que beaucoup grognent contre la lenteur et la lourdeur admnistrative de la vaccinattion et que d’autres continuent de douter de l’efficacité de l’injection, beaucoup de pays luttent cointre la maladie et sont prêts à accepter tout ce qui pourrait les protéger.

L‘Afrique, mais aussi l'Amérique du Sud (dont le Brésil, le Chili), le Moyen-Orient (l’Iran) ou l’Inde sont des zones très peuplées, et parmi les plus contaminées. Et pour elles, pas d’argent signifie pas de vaccin. Résultat : ces pays se tournent vers des solutions moins onéreuses et sont alors sollicitées par la Russie ou la Chine. Et ces vaccins chinois ou russes, dont les Occidentaux se méfient plus pour des raisons politiques que techniques, sont expédiés par charters entier vers les pays les plus pauvres ou les plus démunis.

Si les Chinois ont ciblé en priorité l’Afrique noire, la Russie vend largement sa production dans les pays du Maghreb. Moscou approvisionne aussi l’Inde quand Pékin fournit le Chili, le Brésil et l’Argentine.  Il est evident que les vaccins chinois et russes ne sont pas gratuits, parce que rien n’est gratuit, mais ils sont vendus moins cher. Et pour la Chine comme pour la Russie, la vaccination de masse est une arme de séduction et forcément de conquête.

Le montant des exportations de vaccins russes dépasse aujourd’hui en valeur le montant des ventes d’armes, lesquelles ont pourtant longtemps été en tête des exportations. Les vaccins contre le Covid sont devenus les armes de la géopolitique de l’époque post-Covid.