Les pays triple A dans le collimateur des marchés

La semaine fut difficile sur les marchés pour la France mais pas seulement. Partout en Europe, la pression n’a pas cessé de s’accroitre.

Pourquoi la France est dans le collimateur des marchés ?

Les marchés, c’est-à-dire les institutions financières internationales qui gèrent  l’épargne, ne font pas de sentiments. Elles placent l’argent là où c’est le plus sécurisé. Et quand ce n’est pas sécurisé, les marchés demandent des garanties ou des primes de risques. La Grèce, le Portugal, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande sont considérés depuis longtemps comme les pays les plus fragiles : d’où les taux d’intérêt exorbitants qui accroissent leur fragilité.

Le problème depuis dix jours, c’est que des « pays triple A »  sont à leur tour attaqués. En dehors de l’Allemagne, ce fut le cas de l’Autriche et la Finlande.

Pourquoi sont-ils attaqués à leur tour ?

D’une part, les analystes des banques considèrent que la note triple A n’est plus méritée. Les ratios de dettes sont très élevés (80% du PIB), les perspectives de croissance sont médiocre et les efforts d’assainissements insuffisants. Ce qui est nouveau, c’est que les analystes considèrent que l’Europe n’a pas les moyens de se défendre. Ils se disent qu’à l’exception de l’Allemagne, tout peut s’écrouler.

Que peut-il se passer ?

Premier scenario, tout s’écroule. Au 1er trimestre 2012, il y aura des échéances énormes à couvrir.

Second scenario, l’Allemagne peut enfin se dire qu’elle n’a pas intérêt à la disparition de l’euro. Dans ce cas, elle accepte d’assouplir sa position et de permettre à la BCE d’apporter les garanties nécessaires. Autoriser la BCE à intervenir de façon musclée en attendant que les plans de redressement marchent : Fabriquer de la monnaie comme la banque centrale américaine le fait tous les jours.

Quand on écoute très attentivement Madame Merkel on peut penser que l’Allemagne est en train de faire cette petite révolution. De toute façon, si les allemands veulent que l’euro tienne, ils n’ont pas le choix.