L’orthographe des Français de plus en plus malade du Covid, du digital et de... l’immigration.

Selon une étude IPSOS, 76% des employeurs sont confrontés à des lacunes d’expression et d’orthographe de leurs salariés. Le monde des entreprises considère que l’orthographe français est en danger et que c’est préjudiciable à l’activité et à la croissance économique.

Les Français n’ont jamais été très doués pour les langues, mais maintenant, c’est le français lui-même qui est attaqué. Entre le Covid, les confinements, le télétravail qui s’ajoutent à la modernité des relations digitales et à une immigration mal assumée et mal gérée, les fautes d’orthographes et de grammaire se sont introduites dans les relations d’affaires et personnelles, au point de les détériorer gravement.

Il faut préciser que cette étude Ipsos a été commandée par « le projet Voltaire », qui est un centre de formation à l’orthographe, qui a découvert sur le terrain l’ampleur de ce qui va devenir un désastre. Les défaillances de l’orthographe.

Alors on ne découvre pas aujourd’hui que beaucoup d’entre nous seraient nuls en orthographe. Ce qu’on découvre, c’est que la situation s’aggraverait d’année en année. Parce que les effets du Covid, avec ses confinements, avec le télétravail se sont ajoutés aux défaillances de l’école primaire et aux difficultés liées à l’immigration mal digérée.

Alors, on s’est donc s’aperçu que 76 % des employeurs sont handicapés par les fautes d’orthographe de leurs salariés et au-delà, par l’expression orale ou écrite des collaborateurs. Bref, on parle de plus en plus mal.

Du coup, ces défaillances ont des répercussions sur la crédibilité de l’entreprise et sur l’efficacité professionnelle, donc sur la réputation de l’entreprise, sur la productivité et par conséquent, sur la performance économique et financière.

Sans trop caricaturer, on pourrait dire que si on faisait moins de fautes, on aurait plus de croissance, plus de pouvoir d’achat et moins de chômage.  

93% des décideurs considèrent que les fautes entament la performance de l’entreprise. Pourquoi ? Parce qu’une faute dans un mail, ça fait tâche. Tout le monde est très sensible aux fautes d’orthographes, surtout à celles des autres.

Cette situation est tellement préoccupante que le niveau de l’orthographe est devenu un critère de recrutement. 86 % des recruteurs considèrent que les fautes d’expression écrite ou orale sont rédhibitoires. Les recruteurs y font très attention. On peut dire qu’un tiers des CV passent à la corbeille pour cause de fautes d’orthographe. Une faute ça passe, deux fautes, ça passe encore, pour les plus indulgents. Trois fautes, on perd le job.

Les raisons de cette détérioration de la faction d’écrire et de s’exprimer sont nombreuses et délicates à dénoncer, donc à éradiquer.

D’abord, la langue française est très compliquée, c’est la rançon de sa gloire et de sa richesse ; mais elle l’a toujours été, alors le problème est ailleurs.

Le premier problème vient de l’école laïque et républicaine.

Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe à chaque rentrée scolaire quand il apprend le nombre d’élèves qui rentrent en 6e sans savoir ni lire, ni écrire : entre 10 et 15% et encore, c’est une moyenne nationale. C’est un vrai handicap pour les élèves. Une tragédie pour le pays.

Ajoutons que les docteurs en pédagogie ou pédiatrie et autres sorciers, qui ont trainé dans le bureau de l'Education nationale depuis un demi-siècle, n’ont eu de cesse que de vouloir réformer les méthodes d’apprentissage de la lecture et de l’écriture, de simplifier l’orthographe et la grammaire qui sont le produit de l’Histoire et de la culture. On a vu cela à partir des années 1968. Le résultat a été calamiteux.

Plus récemment, on constate que le multiculturel a un peu tordu le français dans tous les sens. L’immigration n’a pas été conditionnée par un apprentissage sérieux du français, c’est un des problèmes parmi les plus sensibles qui seront au cœur de la campagne présidentielle. Il faudra parler en français et du français.

A toutes causes culturelles et structurelles, s’ajoutent toutes celles qui sont léguées par la vie moderne.

Autrefois, on faisait moins de fautes, mais en réalité, c’est parce qu’on avait des secrétaires qui les corrigeaient. Formidables assistantes formées pour pallier les défaillances ou les faiblesses de leurs chefs.

Aujourd’hui, chacun fait ses notes, chacun fait ses mails. En France, on envoie aujourd'hui plus d’un milliard de mails par jour, sans parler des textos, des SMS, des Whatsapp ou des tweets. Pour travailler, pour riposter, pour aimer, pour rompre une relation, une faute d’orthographe, ça passe mal, comme sur un CV. Quant à laisser une faute d’orthographe dans une déclaration d’amour par texto, ça devient une faute de goût humiliante pour celui ou celle qui la reçoit. Donc impardonnable.

Les correcteurs d’orthographe sur Mac ou sur Windows n’ont rien arrangé. Ils ne corrigent pas, ils ajoutent des fautes là où souvent on n’en a pas fait.

Dernier point, cette manie qu'ont certains de glisser des termes anglo-saxons alors qu'ils parlent très mal l’anglais, parfois ça n’arrange pas les choses. Avec un anglais d’aéroport, c’est-à-dire 20 mots de vocabulaires, on ne devrait quand même pas faire de fautes.

Beaucoup, par bienveillance, gentillesse ou laxisme, souvent de gauche d’ailleurs, expliqueront que ces fautes n’ont rien de grave. Ils ont tort. C’est extrêmement grave parce que la faute d’orthographe ou de grammaire est un marqueur d’identité, de rigueur, de puissance aussi, de personnalité et surtout de respect de l’autre, celui à qui vous écrivez ou à qui vous parlez pour qu’il vous comprenne.

Plus grave, ne pas faire l’effort d’une orthographe claire et nette revient à essayer de jouer du piano sans connaitre le solfège. Ça ne va jamais très loin.

Alors, c’est vrai qu’il y a un débat. Entre les pour et les contre. Débat stérile, ridicule. 

A la limite, on peut considérer que l’orthographe, c’est la forme et ce qui compte c’est le fond, le cœur.

Voltaire disait que l’orthographe, c’est la science des ânes. Alors tout le monde s’est emparé de Voltaire pour justifier ses propres faiblesses. Mais Voltaire n’a jamais dit que les fautes étaient signe d'intelligence.

L’expression c’est la forme, c’est vrai et les hommes politiques en usent et en abusent. Victor Hugo, qui savait écrire, disait lui que la forme, c’est le fond qui remonte à la surface. On en revient à Montaigne pour qui la tête bien pleine devait être bien faite.

Ce qui se conçoit bien (l’intelligence) s’exprime clairement (sans faute d’orthographe, de grammaire ou de gout.