Macron n’a qu’un seul critère de décision politique : ou bien ça marche ou ça ne marche pas

La politique et le comportement d’Emmanuel Macron ne sont compréhensibles qu‘à l‘aune de leur efficacité.

 

Toutes les analyses et tous les jugements qu’ont pu faire les professionnels de la politique, les acteurs ou les observateurs, commentateurs sur le comportement et les ambitions d’Emmanuel Macron apparaissent erronés et parfois toxiques.

Parce qu’il se déclarait pendant la campagne ni de gauche, ni de droite, les uns (parce que ça les arrange le voient complètement à gauche. Les autres (parce que ça les arrange aussi) le considèrent complètement à droite.

Du coup, il est successivement soupçonné de faire une politique pour les riches, puis accusé de massacrer les classes moyennes et surtout de ne pas s’intéresser aux plus pauvres.

Résultat : on n’avance guère dans la connaissance de ce qu’essaie de faire le président.

 

Si on observe à la loupe, mais sans lunettes partisanes, l’action et la pensée d’Emmanuel Macron, on s’aperçoit qu’il appartient à une race d’homme politique assez rare qui ne s’inscrit dans aucune idéologie connue sur le marché politique.

En réalité, il ne se détermine qu’avec un seul critère : le critère d’efficacité en fonction de l’objectif qu’il s‘est fixé et qui est partagé par la grande majorité des français.

Son objectif, faire redémarrer la France qui est plantée depuis presque 20 ans dans la stagnation et le chômage. C’est le premier de ses objectifs.

A partir de cette ligne de mire, il va retenir les mesures et les réformes qui peuvent marcher et abandonner ou refuser toutes celles qui ont échoué dans le passé.  

Ou ça marche ou ça ne marche pas. Tout ce qui a été fait par l’équipe Macron est lisible avec cette grille d’analyse. Les exemples sont multiples.

1° l’Education nationale : ça ne marche pas. Trop d’enfants sont en situation d’échec sans savoir lire ou écrire, trop d’adolescents sortent du système sans formation ni espoir de trouver un travail, avec une administration qui coute trop cher.

Emmanuel Macron ne s’embarrasse pas de savoir si l’Education nationale est de droite ou de gauche. Il entreprend de changer son organisation, ses programmes de façon à ce que ça marche. Exactement comme dans une entreprise quand le patron modifie les process de fabrication qui engendrent à une perte de clientèle et qui mettent en danger l’organisation. L’Education nationale met en danger l’équilibre de la société française et ça n’est pas une question d’argent. C’est une question de management et d’efficacité.

2ème exemple : le système d’assurance chômage. Ça ne marche pas parce qu‘il sert à produire des chômeurs alors qu’il devrait contribuer à le résorber. La machine Pole emploi, le système d’assurance chômage ne permet pas la rencontre entre l’offre et de la demande d’emplois. Il y a donc un problème. Il faut donc que ça marche. Là encore, c’est une question de management.

3ème exemple, le système d’assurance maladie. Ca ne marche pas puisqu’il est au bord de la faillite. Il faut donc sans dépenser plus d’argent rendre le système plus efficace. Ca doit être possible si la médecine coute un peu moins cher et si le malade accepte de payer un peu plus le service rendu. Idem pour le système des retraites qu’on reformera sans doute l’année prochaine.

4ème exemple : la politique économique et la stratégie industrielle offrent une caricature de la méthode Macron. L’ISF, ça n’a jamais marché, puisque ça a fait fuir les capitaux, donc on le supprime. Le système de production a besoin de capitaux, on va donc les attirer par une fiscalité plus séduisante d’où la flat taxe.

Et on pourrait ainsi lister tous les chapitres de l’action politique qui ne sont ni de droite, ni de gauche ; c’est vrai, sauf si on considère que de vouloir à tout prix délivrer des résultats serait de droite ou de gauche.

 

Le comble dans ce logiciel, c’est qu’on ne peut pas dire que Macron travaille pour les riches au détriment des pauvres ou des classes moyennes.

Les riches n’ont guère besoin qu'on s’occupe d’eux. Si l'écosystème dans lequel ils vivent ne leur convient pas, ils s’en vont. Et c’est ce que beaucoup ont fait. En revanche, si on veut que les riches restent, ils ont besoin que les pauvres soient moins pauvres et que les classes moyennes vivent correctement et puissent s’enrichir. Sinon, le système est bancal.

L’économie nationale fonctionne exactement comme une entreprise intelligente.

Une entreprise intelligente qui marche doit poursuivre plusieurs objectifs :

Des objectifs financiers. Il faut nécessairement rémunérer les actionnaires et dégager de quoi investir pour l’avenir.

Des objectifs sociaux parce que l’entreprise ne peut fonctionner qu’avec un personnel compétent, qui adhère au projet de l’entreprise et qui reçoit une rémunération qui le satisfait.

Des objectifs environnementaux parce que l’entreprise ne peut pas se développer sans se préoccuper de son environnement. Personne ne l’accepterait. Ni les clients, ni les salariés, ni les actionnaires.

 

La Maison France sous Macron travaille selon le même logiciel. Il ne peut pas faire une politique pour les riches. Son objectif est de faire une politique qui permette au pays de se redresser. Restaurer la compétitivité, l’activité, la croissance et l’emploi.

Cette stratégie ne se moque pas des débats à court terme certes, mais elle se préoccupe d’une seule chose : délivrer des résultats à la fin du mandat. Ou ça marche ou ça ne marche pas. Ou ce qui est fait est efficace et cohérent ou ça ne l’est pas.

Que ce soit de gauche ou de droite n’a strictement aucune importance.