Macron veut libéraliser au Kärcher, jusqu’où il peut aller

La loi Macron sur l’activité et la croissance est pratiquement finalisée. Elle sera présentée officiellement en décembre. Ceux qui en ont analysé les premières moutures, reconnaissent que le ministre de l’Economie va loin dans le déblocage et la libéralisation du système économique.

La loi Macron sur l’activité et la croissance est pratiquement finalisée. Elle sera présentée officiellement en décembre. Ceux qui en ont analysé les premières moutures, reconnaissent que le ministre de l’Economie va loin dans le déblocage et la libéralisation du système économique.

Et encore. On fait même dire à Bercy que le brouillon qui circule actuellement va encore être durci. La question n’est pas de savoir si Emmanuel Macron va libéraliser le système français avec l’aval de Manuel Valls. La question est de savoir pendant combien de temps encore le PS va le laisser faire.

Bref, pendant que la droite chipote sur le mariage gay, pendant que François Hollande tourne en rond et pendant que la gauche se chamaille sur la date et la ligne du prochain congrès, Emmanuel Macron libéralise à tour de bras.

Le ministre, qui ne peut pas avoir écrit son projet sans l’aval du Premier ministre, y va donc très fort et d’une façon très pragmatique. En clair, il ne participe pas à un jeu de provocation qu’affectionnait son prédécesseur.

Le principe qui est instauré et qui inspire la totalité de la réforme, c’est le principe de la liberté d’installation. Toute personne qui aura une idée d’activité pourra s’installer. A lui de prendre la responsabilité de son équilibre économique.

Concrètement, ça veut dire que les professions règlementées ne le seront plus. Ça veut dire que la seule limite à l’installation dans une profession, c’est la conformité à l’expertise. A côté, l’administration pourra intervenir si l’installation dans une profession entraine la faillite de certains établissements.

Dans les faits, les études de notaires devraient être ouvertes aux capitaux extérieurs, les professions d’avocats seraient également ouvertes etc. Pour les autocars, la loi devrait confirmer la liberté d’installation, à condition de respecter un équilibre entre les services publics et les services non réglementés. Mais si concurrence il y a, le service sera forcément amélioré.

Dans le domaine du logement, les maires vont perdre le pouvoir d’établir le plan d’urbanisme qui fixe les périmètres constructibles et la hauteur des constructions au profit des communautés de commune. L’objectif est de libéraliser les zones constructibles.

L’Etat actionnaire devrait reculer dans des proportions importantes par des ventes, si le marché le permet, de nombreuses participations. Pourquoi l’Etat a-t-il encore aujourd’hui des intérêts dans Renault ? C’est inutile et archaïque.

Enfin, sur le travail le dimanche, il ne devrait plus y avoir de restriction. C’est le volontariat en accord avec les salaries qui prévaudra.

Cette loi comporte également beaucoup de réformes sur le fonctionnement des prud’hommes et des tribunaux de Commerce, sur l’épargne salariale beaucoup plus élargie. Quant à la simplification, le projet de loi y va au Kächer.

Pour des chefs d’entreprise, pour beaucoup d’acteurs de l’économie, toutes ces mesures s’imposent. La plupart était déjà dans le rapport Attali, puis dans le rapport Gallois. Mais jusqu’à maintenant elles avaient été abandonnées devant la conjuration des lobbies politiques et corporatistes. Les plus farouches opposés à la réforme Macron seront les écologistes et l’extrême gauche.

Pourquoi ? Tout simplement parce que ces mesures ont pour objectif de pousser la croissance et que ni l’extrême gauche, ni les écolos ne sont favorables à la croissance. Les adeptes de la non-croissance sont légions en France.

Par conséquent, la question n’est pas de savoir si Macron va assez loin, la question est de savoir si la majorité de gauche va le laisser faire lui permette de sortir la loi. A priori, ceux qui connaissent bien les stratégies politiques expliquent que le couple Valls-Macron a décidé d’être les plus réformistes possible. Quitte à partir dès que le Parlement s’y opposera. C’est-à-dire pour ceux qui aiment les dates, à la veille du congrès du Parti socialiste au premier semestre de l’année prochaine.