Mais comment sauver le soldat Hollande

Par Jean-Marc Sylvestre. Rapport Gallois, loi de finance, conjoncture, gaz de schiste…  François Hollande n’arrive pas à définir et à suivre une ligne claire et précise. Il continue de se retrouver en contradiction avec tout ce qu’il a dit et prôné pendant la campagne. Les mesures Gallois sont incontournables. Comme l’étaient celles du rapport Attali qui n’ont jamais été appliquées par Nicolas Sarkozy… On le sait, la France a un problème de compétitivité. Pour améliorer cette compétitivité, il faut baisser le coût du travail sans baisser le salaire net. Donc baisser les charges sociales patronales et salariales. Mais il faut  protéger les organisations sociales, il faut donc compenser les pertes de recettes liées à la baisse des charges par des recettes fiscales nouvelles. Pour améliorer la compétitivité hors-coût, il faut améliorer la qualité des produits en baissant les prix de revient, renforcer la concurrence et déréglementer des secteurs tout entier.

Tous les pays européens qui engagent un redressement sont passés par là. Les Allemands il y a dix ans, les italiens depuis un an. Ce scénario est incontournable. Tout le monde le sait, y compris à gauche. Tout le monde le savait avant la campagne. Le problème, c’est que François Hollande a nié la réalité de la crise pendant la campagne, il a nié la nécessité d’une augmentation de la TVA sous prétexte que Nicolas Sarkozy voulait la faire, il a nié le problème de compétitivité et il a nié le fait que sans accord avec les Allemands la France était en risque de faillite. Aujourd’hui, le Président de la République se retrouve face à cette réalité et doit accepter ce qu’il refusait jadis : la baisse du coût du travail, la hausse de la TVA, la déréglementation, les accords européens… Cette accumulation de contradictions entre la réalité qu’il doit mettre en musique et les promesses faites va devenir ingérable face à une majorité qui ne se retrouve pas.

Comment sortir d’un tel piège sans insulter ni l’avenir, ni l’opinion publique ? La situation économique est tellement grave que François Hollande est condamné à affronter  une opinion publique en colère. Mais si au moins, il avait pris des décisions qui permettent d’espérer un redressement dans deux ou trois ans… Cette phase douloureuse aurait servi à quelque chose et l’opinion se serait relevée en l’embrassant sur la bouche ! Mais comme les décisions n’ont pas été prises, la situation va continuer de s’aggraver… Les grands gagnants de ce cirque politique, ce seront les extrêmes.