Malgré la pandémie, les entreprises françaises devraient maintenir les projets d’augmentations de salaires prévues avant le Covid.

Malgré l’épidémie, malgré l’effondrement du PIB, malgré la mise en coma du système économique, la majorité des entreprises françaises devraient garder le cap des augmentations prévues avant l’épidémie.

La majorité des entreprises devraient donc maintenir le cap des augmentations de salaires en 2020... Celles qui ne le pourront pas sont celles qui sont malades et dont le coronavirus a aggravé la situation. Beaucoup de ces entreprises à risque tentent de signer des accords salariaux pour diminuer les charges de salaires et passer l’épreuve dans les meilleurs délais. En dépit de l’opposition de principe des grandes centrales syndicales, on s’aperçoit que les représentants syndicaux finissent par signer les accords de compétitivité ou d’équilibre au niveau local. C’est le cas chez Air France où les personnels ont accepté une baisse de leur salaire de 20%. C’est le cas dans la plupart des entreprises du secteur touristique, les hôtels notamment etc…
Mais dans la majorité des entreprises bien gérées, tout se passe comme si elles avaient trouvé les moyens d’éviter le pire en termes d’emplois et en termes de rémunération de personnels.

 

C’est ce qui ressort de la nouvelle enquête 2020, Salary Budget Planning, conduite par Willis Towers Watson, leader mondial en conseil, courtage et solutions. Cette nouvelle édition a analysé les augmentations de salaires dans 15 000 sociétés dans 132 pays (dont 320 entreprises en France).  La moitié des employeurs français prévoient des taux d’augmentations salariales égales ou supérieures à 2,3% en 2020 (contre 2,5% prévus initialement). Un taux très en ligne avec ce qui a été observé en 2019.

Par ailleurs, la moitié des DRH prévoit des augmentations salariales optimistes d’au moins 2,4% pour 2021.

La distribution de ces augmentations par catégorie d’employés, cadres supérieurs, cadres ou non-cadres restera assez homogène.

Le rapport révèle aussi que seul un tiers des employeurs français ont procédé à un gel des salaires ou le prévoient cette année. Huit entreprises sur dix n’ont pas prévu de réduire ni de reporter les primes annuelles.

Les DRH orientent plutôt leur réponse à la crise par la gestion de leur capital humain : huit DRH sur dix ont déjà revu ou ont prévu de modifier leur politique de recrutement et de procéder à une restructuration. 63% ont déjà mis en œuvre ces démarches : 82% ont gelé des embauches et 18% ont réduit leurs effectifs. 73% ont modifié ou ont prévu de modifier leur politique de temps de travail.

 

Alors, les salariés qui sont tenus de travailler sur site bénéficient de gratifications spécifiques. 38% d’entre eux ont droit à des primes particulières ou un salaire majoré, ou bénéficient d’horaires de travail flexibles.

La France suit un schéma similaire à celui de la plupart des autres économies du G8, où les DRH prévoient des augmentations moins élevées pour 2020 en raison de la crise.

Les États-Unis font exception à cette règle où les augmentations avant et après crise devraient se maintenir à 3 % jusqu’en 2021.

En Europe, les employeurs britanniques et allemands prévoient des niveaux d'augmentation en 2021 inférieurs à leurs budgets de 2020 prévus avant la pandémie. Seule l'Italie prévoit un retour aux niveaux d'avant COVID l'année prochaine.

 

 

 

Si on regarde à la loupe les situations selon les activités, on s’aperçoit que les secteurs les plus touchés par le gel ou le report des augmentations salariales en 2020 sont le commerce de détail, où 50 % des entreprises ont gelé ou reporté les augmentations salariales, suivi par le secteur de l’énergie (40%), les médias (33%), l'industrie manufacturière, les loisirs et l'hôtellerie et la Tech (ex-aequo 31%). 

 

« Les entreprises ont certes prévu de réduire massivement leurs embauches, pour limiter l’impact de la crise sur leur trésorerie, mais elles prévoient néanmoins de maintenir des niveaux d’augmentations assez soutenus pour préserver leur capacité à retenir et fidéliser les meilleurs », précise Khalil Ait-Mouloud, Responsable de l’Activité Enquêtes de Rémunération au sein de Gras Savoye Willis Towers Watson.« L'impact économique de la pandémie n'a cependant pas encore été pleinement ressenti, car certaines entreprises ont gelé leurs salaires, alors que d'autres avaient déjà annoncé des augmentations de salaires avant que la pandémie ne frappe ; ce qui pourrait avoir un impact plus important l'année prochaine ».

 

 

Pour en savoir plus : L’enquête 2020 Salary Budget Planning a été conduite entre mai et juin 2020 et comprend les réponses de 15 000 entreprises de 132 pays (dont 320 opérant en France) dans divers secteurs d’activité représentatifs.  Cette enquête inclut des données de benchmark sur les taux d’augmentation attribués en 2020 et ceux prévus pour 2021. 

Willis Towers Watson est l’un des plus grands cabinets de conseil, de courtage et de solutions logicielles. Willis Towers Watson, dont les origines remontent à 1828, compte 45 000 collaborateurs dans plus de 140 pays et marchés. Ce cabinet conçoit et propose des solutions de maîtrise du risque, de gestion des avantages sociaux, d’accompagnement des talents et d’optimisation du capital pour protéger et aider les institutions et les individus.