Malgré la visite d’Arnaud Montebourg, l’usine Goodyear d’Amiens va fermer

L’usine d’Amiens Nord de Goodyear va fermer, a annoncé la direction, menaçant 1.173 postes de travail, une nouvelle épreuve pour les salariés mais aussi pour le gouvernement confronté à une rafale de plans sociaux. « La fermeture de l’usine est la seule option possible après cinq années de négociations infructueuses », a expliqué la direction après présentation de son projet au Comité central d’entreprise réuni au siège de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

La direction de Goodyear France met l’accent sur les difficultés du secteur, affirmant que son projet avait « pour objectif de sauvegarder la compétitivité des secteurs d’activité tourisme et agricole du groupe ».Devant quelques journalistes, Henry Dumortier directeur général de Goodyear Dunlop Tires France, a appelé « chacun à prendre ses responsabilités » et souhaité « la relance du dialogue social ».

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg souhaite « ramener tout le monde à la table des négociations ». Il a reçu les dirigeants de Goodyear et leur a demandé « de sursoir à l’exécution de ce plan pour laisser une dernière chance à la négociation ». Il espère réunir l’Etat, les syndicats, la direction de Goodyear et le repreneur potentiel Titan, avec qui les négociations ont échoué l’automne dernier.

L’usine d’Amiens-Nord a perdu 61 millions d’euros en 2011, dont 41 pour le pneu de tourisme, explique-t-il, faisant un parallèle avec celle d’Amiens-Sud « aujourd’hui rentable », selon lui, après avoir accepté une organisation du travail différente (4X8) en contrepartie d’un plan d’investissement.

Depuis cinq ans toutes les négociations pour Amiens Nord ont échoué. En septembre dernier, après huit mois de discussions avec les syndicats, la direction de Goodyear France a annoncé le retrait d’un projet de plan de départs volontaires sans licenciements.

Avant cela, un plan social, qui prévoyait de mettre un terme à la production de pneus de tourisme à Amiens-Nord, avait été invalidé par la justice, saisie par la CGT.Des négociations avec un éventuel repreneur, le groupe Titan, qui a repris l’essentiel des activités de pneus agricoles de Goodyear dans le monde, n’ont pas non plus abouti.