Malgré les gilets jaunes, Paris est devenue la ville la plus chère du monde et reste une des plus recherchées par les vrais riches.

Selon The Economist, Paris est devenue la ville la plus chère du monde et selon les agences immobilières, Paris reste encore « the place to be ».

Depuis 19 semaines maintenant que chaque week end, les gilets jaunes « cassent » le moral des commerçants et parfois leurs boutiques des Champs Elysées et des autres quartiers chics de la capitale, qui aurait pu parier que l’attrait de Paris soit encore aussi fort ? Les lumières de la ville restent allumées et brillantes.

The Economist a révélé cette semaine que Paris était passé de la septième à la première place des villes les plus chères du monde avec Singapour et Hongkong, et cela en deux ans.

The Economist a étudié 133 villes. Et Paris devance désormais les villes suisses de Zurich et Genève qui sont à la 4e et 5e place de ce classement mondial, où on retrouve dans les 10 premières New-York, Copenhague, Tel-Aviv et Los Angeles.

En bas du tableau parmi les villes les moins chères, Lagos au Nigeria, Bangalore en Inde, Almaty au Kazakhstan, Damas en Syrie et Tachkent en Ouzbékistan. Au fond de la classe  bonne dernière, Caracas au Venezuela.

Alors pour établir ce classement, les experts de The Economist ont retenu 160 biens et services utilisés par les visiteurs ou les habitants de ces villes pour établir un indice de cherté. Ca va du logement (bien sur) aux transports, nourriture, vêtements, services à la personne, jusqu'au prix du coiffeur.

Les Françaises, clientes de Jacques Dessange,  pourront vérifier dans cette étude que le coiffeur leur coute 119 dollars à Paris (environ 100 euros) c’est à dire un des prix les plus chers du monde, sauf qu’on n’est pas obligés d’aller chez Dessange.

Si la célèbre baguette de pain tradition vaut 1,20 euro à Paris, ça met le kilo de pain à 5,60 dollars, ce qui est le prix là aussi le plus cher.

Cette étude permet aux entreprises de déterminer le niveau de salaire de leurs expatriés, dans la mesure où ça permet de comparer les niveaux de vie.   

  

Par ailleurs, The Economist prend évidemment en compte le coût d’un logement, ainsi que d’un véhicule et de son entretien. Deux postes qui pèsent dans un budget de parisien. Un budget aggravé aussi par le niveau de change. L’euro vaut plus cher que le dollar.

 

Tous ces éléments pèsent sur la capitale française dans la concurrence mondiale que se livrent les principales métropoles pour attirer les investisseurs et leurs cadres supérieurs. Ceci dit, si les prix sont élevés à Paris, c’est que la demande est forte. Et que cette demande s’est encore gonflée depuis deux ans.

L’ampleur de la demande  signifie aussi que les candidats à l’installation dans Paris considèrent que l’offre est la plus intéressante. Le cadre de vie, le niveau d’équipement culturel, les services de transport et de santé, la qualité de l'enseignement supérieur, tout cela contribue à l’attractivité de Paris.

Quant aux gilets jaunes et aux risques de manifestations violentes, ils ne paraissent pas hypothéquer cette attractivité.

Deux explications :

Ou bien les manifestations n‘ont pas été prises en compte par les enquêtes.  

Ou bien ces manifestations sont pas considérées comme inscrites dans l’ADN historique de Paris et par conséquent, jugées pas trop perturbantes à long terme. Les seuls à avoir pris en compte ce climat, ce sont les touristes étrangers qui se détournent de Paris, le samedi pour des raisons de sécurité.

 

Pour les non- touristes mais candidats à la résidence parisienne, le cabinet Barnes, spécialisé dans l’immobilier haut de gamme, considère que Paris est arrivée  dans le top cinq des villes les plus recherchées par les très riches, ceux qui ont une fortune supérieure à 1 million de dollars. Ça va faire trois ans maintenant - 2016, 2017, 2018 - que la France connaît de très bons millésimes sur le marché immobilier haut de gamme.

Hong--Kong est la grande gagnante de l’année passée, numéro 1 dans le monde avec un prix de l’immobilier moyen de 33 000 euros. C’est la ville la plus recherchée. Devant New-York qui descend du podium.

Derrière, on trouve Los Angeles (3e)et Toronto au Canada (4e) New-York et Paris (5e). La ville de Londres,  jadis dans le tiercé de tête des villes mondiales les plus recherchées, paie ainsi très cher son aventure du Brexit dont personne ne sait encore comment elle va se solder. Ce qui n’améliore pas la visibilité des investisseurs qui restent paralysés.

Le dynamisme du marché immobilier parisien est confirmé par la plupart des acteurs internationaux du secteur. Les ventes de plus d’un million d’euros ont augmenté de 10 à 15% selon les arrondissements, comme  les ventes à plus de 15 000 euros le m2.  

 

Le début de l’année 2019 est plus calme. D’abord parce que les investisseurs internationaux enregistrent un petit coup de froid sur leur activité. Les Américains, les Chinois, les Indiens et les investisseurs en provenance du Golfe sont plus prudents pour des raisons de freins sur la croissance.

Ensuite, certains (notamment les Britanniques candidats à l’expatriation), s’interrogent néanmoins sur la façon dont le pays va sortir de la crise des gilets jaunes et surtout si Emmanuel Macron pourra maintenir son programme de réformes. L’attractivité de la France en général - et de Paris en particulier - était forte aux yeux des étrangers riches parce que les promesses de réformes étaient-elles-même ambitieuses. Maintenant, reste à savoir si ces promesses seront tenues.