Manuel Valls va pleurnicher chez les Anglais et, comme prévu, il n’obtient rien

Comme il a besoin de l’Allemagne, le Premier ministre a besoin de la Grande-Bretagne. Il a donc plaidé auprès de Londres les efforts que fait le gouvernement français. Peine perdue. Pour les Anglais, comme pour les Allemands, la France est le pays de la décadence. Pourtant quand on regarde les politiques économiques, rien n’empêche de faire comme eux, il suffirait de le vouloir.

Comme il a besoin de l’Allemagne, le Premier ministre a besoin de la Grande-Bretagne. Il a donc plaidé auprès de Londres les efforts que fait le gouvernement français. Peine perdue. Pour les Anglais, comme pour les Allemands, la France est le pays de la décadence. Pourtant quand on regarde les politiques économiques, rien n’empêche de faire comme eux, il suffirait de le vouloir.

Cette tournée des capitales européennes du Président et du Premier ministre est simplement là pour prouver qu’en France, tout va bien, ou presque. En réalité, la France a besoin des investisseurs qui comptent à la City, comme on aurait besoin des industriels allemands. Expliquer à chacun que l’économie française est en plein redressement, c’est perdre son temps. Personne ne nous croit et ils ont raison.

Pour les Anglais, comme pour les Allemands, la France n’est pas un pays où l’on peut travailler. La France est un pays où l’on peut venir en retraite pour profiter de la sécurité sociale et de l’Assurance maladie. Et surtout venir en vacances parce que le climat est très agréable et l’art de vivre très sophistiqué et gourmand. Ils viennent donc en été ou en fin de vie mais pour travailler, certainement pas !

L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont en commun d’avoir parfaitement compris que le monde avait changé et qu’il fallait s’y adapter. S’adapter à la mondialisation, appréhender l’innovation et l’international, faire des efforts de compétitivité pour renouveler la demande.

En Allemagne, on connait la chanson. Le succès allemand dépend principalement des efforts de compétitivité prix et qualité qui ont été fait depuis dix ans avec, et en prime, une amélioration des structures publiques. Cela a permis de faire baisser le montant total de la dépense publique et, par conséquent, les impôts. D’où la capacité d’investissement de l’industrie. On ne le répètera jamais assez, mais ce type de réforme était applicable en France. Avec un peu de courage et d’ambition.

En Grande-Bretagne, ça va paraitre très surprenant, mais les ressorts du redressement auraient pu être appliqués en France. Le succès de la Grande-Bretagne vient de trois choix stratégiques que l’État a fait après la crise des subprimes en 2008.

1er choix, le gouvernement a très vite décidé de relever son industrie financière qui était à genoux après la crise. Les promesses internationales de régulation et de contrôle n’ont été, comme aux USA qu’à moitié réalisées. En clair, la Grande-Bretagne n’a pas tiré les leçons de la crise par peur d’asphyxier le système. La Grande-Bretagne est restée le pays de la liberté économique et financière. Les porteurs de capitaux et les intermédiaires se sont réinstallés à Londres et ce n’est pas pour des raisons climatiques. La Grande-Bretagne est redevenue une sorte de paradis fiscal officiel de l’occident. D’où sa situation en dehors de l’Euro.

2e choix, le gouvernement a décidé de relancer les investissements industriels. En quelques années, l’Angleterre s’est réindustrialisée dans l’armement, l’automobile, la chimie, la pharmacie et l’énergie.

3e choix, le gouvernement a obtenu des modérations salariales importantes pour restaurer les marges et  baisser les avantages sociaux sur le chômage et les prestations maladies. Ses dépenses publiques sont proches de l’équilibre. La Grande-Bretagne est aujourd’hui proche du plein emploi parce que politiquement, elle accepte des emplois à 6€ de l’heure plutôt que du chômage indemnisé. La France a fait le choix inverse : plutôt le chômage que les bas salaires. On voit le résultat.

En théorie, aucune des réformes adoptées en Grande-Bretagne ne l’ont été aux forceps, contrairement à ce qui se passait avec Mme Thatcher. En théorie, toutes ces réformes auraient pu être tentées en France : la simplification du code du travail, c’était possible. La retraite à 65 ans et la fin des 35 heures ? C’était possible. La modération des salaires, ça pouvait se négocier entreprise par entreprise pour protéger l’emploi…La facilité de création d’une entreprise, la fiscalité…Tout cela on pouvait le réformer.

Certains diront que l’Angleterre avait une carte magique dans sa main. Elle avait une banque centrale qui a fait fonctionner la planche à billet et qui a arrosé les mécanismes de création de richesse. C’est vrai.

Sauf que la création monétaire a surtout profité à l’industrie financière de la City. En plus, si la France avait su ranger sa chambre et suivre le règlement de la copropriété européenne, elle aurait bénéficié des mêmes facilités en provenance de la BCE. Les taux d’intérêts sont déjà, chez nous, parmi les plus bas du monde.

Dans aucun pays, la banque centrale n’a fait le travail que les gouvernements n’osent pas faire. La banque d’Angleterre a fonctionné parce qu’il y avait derrière une stratégie de relance des investissements et une politique d’assainissement budgétaire. Elle a donc apporté les moyens de financement qu’il fallait pour relancer les moteurs.

Le handicap de la France, c’est de ne pas se mettre en position pour se redresser, donc la BCE ne l’aide pas. La France, dernière de la classe se retrouve au fond de la salle. Les Anglais et les Allemands sont au premier rang mais leurs notes sont aussi meilleures. Manuel Valls a très certainement pris des notes en buvant le thé. Son problème, c’est qu’il aura du mal à l’infuser en France. Ses amis de la majorité socialiste n’aiment pas ce thé-là, ils préfèrent le café du Nord.