Mario Draghi n’a pas de baguette magique

Le Président de la BCE, Mario Draghi, a tenu jeudi une conférence de presse. Il était évidemment attendu parce que l’Espagne est au bord de la cessation de paiement et parce qu’ une grande partie de l’Europe s’est mise dans l’idée qu’il avait les clés de la croissance. Vu sous cet angle, il est évident que Mario Draghi a dû en décevoir plus d’un.

Déception tout d’abord en  Espagne où il a répété qu’il n’avait pas de baguette magique et qu’il fallait que l’Espagne règle ses problèmes. Déception aussi en Europe quand il a redéfinit très précisément les conditions de la croissance : elle ne doit pas se faire au détriment de la discipline budgétaire, au contraire, c’est une condition préalable. Là encore, Draghi n’a pas de remède miracle pour les pays qui se sont faits piégés par les déficits et les dettes.

Le piège est redoutable. Le remboursement des dettes appelle l’austérité qui engendre la récession. Cette récession accroit les endettements, une logique infernale. Pour en sortir, un accord politique avec l’Allemagne est inévitable parce que l’Allemagne est le seul Etat à pouvoir financer un plan de soutien à la croissance en Europe.

Angela Merkel a déjà fait savoir qu’elle n’acceptera pas un pacte de croissance. Alors comme toujours on trouvera un compromis. L’Europe est le premier marché de l’Allemagne. Quand l’Allemagne commencera à souffrir de l’effondrement économique des marchés italien, espagnol  et français, l’Allemagne acceptera de discuter et de contribuer au redressement mais comme toujours l’Allemagne posera ses conditions.