Mario Draghi prend les commandes de la BCE

Jean Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne depuis 2003 est remplacé mardi matin par Mario Draghi. Il hérite d’une situation compliquée.

Quel bilan pour Jean-Claude Trichet ?

Trichet s’en va en pleine tempête. Mais avec les honneurs et l’estime de tous sauf des imbéciles (et il y en a beaucoup en politique). Il a pendant huit ans été le gardien de l’orthodoxie  monétaire. Pas d’inflation, il a strictement appliquée la loi. On lui a beaucoup reproché cette rigidité. Pourtant avec le recul, il consolide l’Euro et l’Europe. Jean-Claude Trichet a pris des libertés avec le dogme deux fois sans le dire. En 2008 et depuis un an pour éviter l’asphyxie ou la faillite de certains pays. Il a fait marcher la planche à billets et les allemands le lui ont reproché. Pourtant, il a sans doute contribué à sauver le système.

Qui est Mario Draghi ?

Mario Draghi, c’est un style différent. La classe à l’italienne. Il s’habille toujours en noir chez les grands couturiers à Milan. Draghi, à fait ses études à Boston MIT. Il a été haut fonctionnaire au trésor italien, spécialiste des privatisations. Puis en 2002-2005, il a dirigé Goldman Sachs. Certains lui reprochent d’être allé chez le diable. Les plus nombreux considèrent que c’est un atout. Au moins, il connait la musique. Celle que jouent les requins de la finance. Un parcours sans faute de gout, même les allemands le disent.

Premiers échanges.

Lors du dernier sommet européen, la France avait envisagé pour sortir de la crise, d’autoriser officiellement la BCE à faire des rachats de dettes. C’est-à-dire de prêter de façon quasi illimitée à certains pays. Les allemands s’y sont opposés très violemment. Sur la question, Mario Draghi a répondu qu’il « continuerai à faire de la politique non conventionnelle ». Ça voulait dire qu’il rachèterait les dettes. Merkel, lui a publiquement répliqué « Mr le gouverneur , le traité de Maastricht ne le permet pas ».

Très calmement, Draghi conclut. « Madame La chancelière, le traite a institué l’indépendance absolue de la BCE à l’égard de tout pouvoir politique y compris le pouvoir allemand ». Merkel a souri et tout le monde savait que le sommet européen serait réussi. On venait de comprendre qu’au delà des principes, la BCE sortirait pour éteindre les incendies.