Medef : Face à une conjoncture incertaine sur fond de guerre commerciale, les patrons restent optimistes mais en quête de sens..

Dans le décor superbe de Longchamp, les patrons se sont rassurés en faisant défiler la moitié du gouvernement, le gratin des experts internationaux, sans oublier les valeurs sures : Nicolas Sarkozy ou Arnaud Montebourg. Ce qu’il faut retenir de la Rencontre des Entrepreneurs de France.

Beaucoup de changements cette année. Du nom de l’Université d’été traditionnelle du Medef, en Rencontre des Entrepreneurs de France ou de lieu – à l’hippodrome de Longchamp, plus proche de Paris que le campus de l’élite d’HEC, nous annonçait la couleur. Cela a finalement traduit un changement d’état d’esprit des chefs d’entreprise. 

Plus entrepreneur et moins patron. Plus à l’écoute des revendications sociales et moins isolés. Les discours donnés à Longchamp ont pris en compte l’existence de l’autre France, celle des périphéries déclassées ou des campagnes, celle qui est éloignée de la mondialisation. 

Quant à la guerre commerciale, la menace de Brexit, bref, toutes ces menaces qui pèsent sur l’économie mondiale, les patrons ne se sont pas montrés inquiets, pointant la résilience de l’économie française. En fait, l’attitude de Macron, au G7, face aux Gilets jaunes, a été plutôt saluée même s’il a été reconnu qu’il s’éloignait de ses principes libéraux de campagne présidentielle.

 

Voici trois moments cette année que l’on retiendra de cette Rencontre des Entrepreneurs.

D’abord, le discours d’ouverture de Geoffroy Roux de Bézieux, poussé à être critique sur le gouvernement, en évoquant la réforme des retraites au début de son discours. C’était le passage obligé pour celui qui veut défendre l’âge pivot. Mais le nouveau président du Medef depuis un an a réagi sur les dénonciations d’une société trop inégalitaire. Conséquence directe des Gilets jaunes, l’égalité des chances a été au cœur des débats et sur beaucoup de lèvres. "L'employeur qui embauche sans diplôme et sans concours, c'est l'entreprise privée" rappelle Geoffroy Roux de Bézieux, même s’il sait que l’entreprise a encore beaucoup à faire dans ce domaine.

 

Ensuite, c’est un Nicolas Sarkozy en vieux sage qui s’est présenté devant les entrepreneurs, jeudi matin. Parlant officiellement de géopolitique, il a finalement fait de la politique sans en dire le nom. La table ronde où l’ancien président de la République était le seul interviewé a fait salle comble et c’était bien sûr pour l’entendre parler de la situation politique. Alors, quand il a évoqué les contradictions de Nicolas Hulot - « Il y avait un ancien ministre de l'Écologie dont j'ai oublié le nom, qui dans la même journée a dit : "Dans 10 ans, il n'y aura plus que des voitures électriques" et "dans 10 ans, on fermera toutes les centrales nucléaires". Les voitures électriques n'ont pas besoin d'électricité, c'est bien connu » ou qu’il a ironisé sur l’idole des jeunes Greta Thunberg, « si sympathique, si souriante, tellement originale dans sa pensée », le public s’est bien rendu compte qu’il n’avait pas été converti au dogme écologiste.

 

Enfin, on a fini, jeudi après-midi, avec un Arnaud Montebourg qui s’est invité dans la guerre commerciale avec la Chine. Offrant une boite de pots de miel au tout nouvel ambassadeur de Chine en France Lu Shaye, l’ancien ministre de l’Economie explique alors son geste par l’impossibilité qu’il connait – comme tous les exportateurs de miel – à exporter son produit en Chine. La cause ? La Chine interdit l’entrée sur son territoire de tout produit provenant d’un pays ayant connu des cas de maladies spécifiques aux abeilles. En bon apiculteur, Arnaud Montebourg explique alors que c’est chose inatteignable qu’un pays en soit totalement exempté et qu’il s’agit d’une barrière commerciale qui ne dit pas son nom. La fermeté de l’ambassadeur a pu surprendre : « Dans la mondialisation il y a des gagnants et