Moody’s s’invite dans la campagne pour la présidentielle

L’Edito de Jean-Marc Sylvestre. Après le placement de la France sous surveillance négative, l’agence de notation Moody’s pourrait donc retirer notre triple A. Après Standard and Poor’s, c’est la deuxième agence a nous menacer de le faire. Quels impact ?

Il n’y aura pas d’effets économiques ou financiers. C’est un non évènement. Moody’s a fait fort, mais les marchés n’ont pas bouger d’un millimètre parce qu’ils considèrent que depuis deux mois l’Allemagne et la BCE  garantissent la stabilité de la zone euro. L’agence Moody’s justifie sa décision par trois faits :

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– L’incertitude sur la capacité de la zone euro à stabiliser son équilibre.

– La dérive haussière de la dette française avec un déficit commercial grandissant.

– Doute sur la capacité du gouvernement à redresser la barre et notamment à diminuer les dépenses publiques. Mais tout cela, on le savait depuis longtemps. C’est exactement ce que vient de dire la cour des comptes.

Le fait nouveau, c’est que l’agence Moody’s  s’invite dans la campagne présidentielle. Elle constate qu’aucun des candidats n’a un programme sérieux de réduction des dépenses publiques. Pour l’agence de notation, ça ne peut tenir que si on est protégé par l’Allemagne. Or, le seul candidat qui a négocié le sponsoring de l’Allemagne c’est Nicolas Sarkozy. C’est pour cela que les taux d’intérêt ne bougent pas.

François Bayrou et François Hollande ont deux solutions. Soit ils taillent dans les dépenses publiques soit ils changent de discours vis-à-vis de l’Allemagne. Sinon l’un et l’autre verront les taux d’intérêt exploser. Standard & Poor’s était dans la précampagne, Moody’s est en plein dedans.