« Non mais allo quoi » : Et si Nabilla avait oublié le shampooing ?

Devenu incontournable, le « non mais allo quoi » de Nabilla a été déposé à l’INPI par la candidate de téléréalité. Désormais les marques agissant dans les domaines protégés par la candidate devront négocier pour l’utiliser.

Plus qu’une phrase culte, c’est désormais un phénomène de société. Tout commence dans une émission de téléréalité diffusé sur NRJ12. Nabilla, une jeune candidate suisse, s’étonne que deux de ses nouvelles colocataires n’aient pas eu l’idée d’apporter de shampooing. La suite on la connait, la vidéo fait le buzz, les parodies se multiplient sur Youtube et les réseaux sociaux. Une phrase que les publicitaires ne vont pas hésiter à utiliser. Ainsi, Ikea ouvre le bal pour vendre ses coussins de chaise baptisés « HÅLLÖ ». Le slogan : « Allô? Non mais allô? Tu es une chaise et t’as pas de cousin? Allô? ». Une manière efficace et peu coûteuse pour le distributeur suédois de faire oublier que ses tartes sont potentiellent contaminées aux matières fécales.

La marque de boisson Oasis a aussi capitalisé sur la phrase de la bimbo avec une publicité sur les réseaux sociaux. Une pèche imite la candidate et s’exclame :  » T’es un fruit et t’as pas de pépins ?! Non mais à l’eau quoi !!! ». Idem pour le distributeur discount Dia qui a choisi la période de Pâque pour diffuser un spot radio avec pour slogan : « Allô? C’est comme si je te disais t’es une poule et t’es pas en chocolat ! ».

Mais cette semaine, coup de théâtre. La candidate rentre en France et dépose à l’INPI sa célèbre phrase culte. L’utilisation de ces éléments est donc protégée pour un champ particulièrement vaste, allant des équipements électroniques à la téléphonie en passant par les vêtements, les accessoires de mode ou la dentelle, tout comme les lunettes et leurs étuis, les livres ou les DVD. « Je pense que c’est probablement pour exploiter les produits revendiqués dans le dépôt avant que quelqu’un d’autre le fasse », explique Frédéric Glaize, conseiller en propriété Industrielle pour le Cabinet Plasseraud. « Car la règle dans ce domaine, c’est premier arrivé, premier servi ! »

Nabilla oublie le shampooing

Invité du Grand Journal de Canal +, Nabilla se justifie : « J’ai vu qu’il y avait pleins de gens qui utilisaient ma phrase. Je veux que ça reste ma petite phrase culte » lance-t-elle. Désormais, si une marque agissant dans les domaines protégés par la candidate veut utiliser cette phrase, elle devra donc négocier avec Nabilla. « Enormément de marques souhaitent travailler avec moi. Cela va de la téléphonie, au shampooing en passant par les vêtements » explique-t-elle sur Canal +.

Et dans les autres domaines ? « Le dépôt est tout à fait possible par quelqu’un d’autre, ce peut-être une marque de shampooing par exemple, car la classe 3 ne fait pas parti de son dépôt à l’INPI» poursuit Frédéric Glaize.  « Mais c’est juridiquement plus complexe car  la légitimité pourrait être remise en question par Nabilla. Elle peut en effet contester la validité du dépôt au motif d’un détournement de notoriété ».

Shampooing ou pas, dans certains groupes de médias les services juridiques donnent des consignes claires aux pôles publicité : Pas de pubs en circulation avec de telles références. De quoi laisser à la Suissesse de 20 ans, un large avantage dans ses négociations à venir.