Nos gouvernants vont mourir d’une overdose de politique politicienne

Les chefs d’entreprise sont furieux. Les conditions économiques n’ont jamais été aussi favorables depuis six mois mais l’excès de politique politicienne du gouvernement et du Président va tuer dans l’œuf cette reprise tant attendue. Les mesures de Valls sont une caricature de ce qu’il ne faut pas faire.

A priori, les mesures de soutien aux PME annoncées par Manuel Valls auraient pu être utiles. De l’avis de tous les experts elles ne serviront à rien. Plus grave, en voulant ménager les susceptibilités de sa majorité, il a pris soin de prévenir que ces mesures d’allègement de seuils, d’assouplissement du droit de licenciement et d’aide au premier emploi étaient provisoires. Elles vont s’appliquer entre un et trois ans selon les mesures. Les plus importantes sont financées par des dépenses publiques.

Pour les chefs d’entreprise, il n’y a pas plus mauvaise méthode. Les patrons ont besoin de certitudes dans l’action publique, ils ont besoin de stabilité et d’un allègement de la pression de l’Etat.

On organise tout le contraire. La relance des emplois aidés, la subvention de 4000 euros aux premières embauches vont encore accroitre la charge publique. Plus la dépenses publique s’accroit moins l’entreprise n’a d’espace pour se déployer. Par ailleurs, ces mesures n’apportent aucune certitude sur l’avenir. Ces mesures seront remises en cause dans 1 ou 3 ans. Y compris le CICE dont on a compris que l’on reverra son affectation en juin si les conditions de création d’emplois ne sont pas réunies. Donc c’est l’instabilité assurée et garantie par le chef du gouvernement.

Tout cela est décourageant. Les chefs d’entreprise ont besoin d’un écosystème qui leur permette de restaurer leur compétitivité. On leur donne un écosystème qui répond aux pulsions politiques du moment. En fait pour beaucoup d’observateurs, les gouvernements européens sont tellement paniqués par les risques de mouvements sociaux et par la crainte de perdre le pouvoir, qu’il ne font que de la politique politicienne.

Toutes les mesures prises et annoncées ont un objectif purement politique à court terme. Il s’agit de satisfaire un créneau de clientèle électorale. Et cela au mépris des résultats.

L’overdose porte d’abord par une préoccupation dominante à traiter des problèmes de société. On étouffe sous les débats de société. Le mariage pour tous, le port du voile à l’école, l’enseignement de l’Histoire, du latin ou du grec, la place de l’islam dans la société française. Tous ces problèmes sont certes importants, mais contrairement à ce que pensent les responsables et les élus, ces problèmes n’obsèdent pas les Français.

En revanche, ce qui obsède les Français est complètement sous traité par les politiques. Les phénomènes de mondialisation, l’évolution européenne, le progrès technologique, l’adaptation ou la régulation de l’économie de marché. Toutes ces questions sont incontournables et génèrent un écosystème capable de produire de l’activité, de la richesse et des emplois. Toutes ces questions ne sont pas abordées ou alors quand elles le sont, elles le sont par le prisme purement politique.

Le président de la République se vante d’avoir obtenu un accord du G7 sur le climat. Or, tout le monde s’en moque. Ce serait bien la première fois que le G7 accouche d’une décision applicable. D’autre part, les chefs d’Etat prennent ce type de décision qui n’engage personne. François Hollande est très content, il va pouvoir servir cela à ses écolos.

François Hollande est content quand il reprend le pouvoir chez Areva, sans définir une stratégie parce que ses écolos ne pourront pas grogner sur le nucléaire. Les écolos et la gauche de la gauche, qui sont quand même très minoritaires, disent ce qu’il faut faire ou ne pas faire. C’est assez extraordinaire comme situation. Pourquoi ? Parce que sa réélection, si elle était possible, le serait à condition que les écolos ne lui mettent pas de bâtons dans les roues.

Les démocraties qui donnent le pouvoir à des majorités le laissent finalement aujourd’hui à des minorités. Quant à Manuel Valls, il a été contaminé par le syndrome Hollande. Il ne fera plus rien de sérieux et surtout il ne l’assumera plus.

Le gouvernement entre donc en paralysie. Le président de la République parcourt la France à la rencontre des vrais gens, ceux qui ont encore du travail. Il fait dire qu’il travaille sur ce qui concerne les Français. Il fera campagne plus tard.

Le Premier ministre, lui, doit répondre de son voyage à Berlin en avion de la République pour assouvir sa passion du football. Les Français s’en moqueraient si lui et ses copains n’avaient pas attaqué aussi violemment Nicolas Sarkozy sur son style de vie. Mais tout le monde fait de la politique politicienne.

Les responsables politiques ne prennent plus aucune décision qui puisse être responsable, performante à moyen et long terme. Les décisions qu’ils prennent n’ont qu’une seule finalité, satisfaire la clientèle politique. La gauche est passée maitre dans cet exercice. On sent bien qu’à droite, il ne faudrait pas les pousser trop fort pour qu’ils versent dans le même travers. Un seul mot d’ordre, pas de vague avec l’opinion. En revanche, si on peut déclencher la tempête contre l’adversaire, on ne s’en privera pas.

Les sondeurs relèvent une désaffection des Français pour les politiques qui ont perdu beaucoup de leur crédibilité. Les chefs d’entreprise nous disent aujourd’hui que si les hommes politiques ont perdu la main, c’est qu’ils se préoccupent trop de marquer leur territoire et de se passer de définir une stratégie cohérente de redressement économique.

A la limite, les hommes politiques ont besoin de se savoir à droite ou à gauche. Les Français eux, ont surtout besoin de poltiques qui produisent des résultats. La situation de Francois Hollande et de Manuel Valls est désespérante. Ils battent des records d’impopularité mais cette impopularité ne sert à rien. Ils ne sont pas impopulaires parce qu’ils ont développé une série de réformes douloureuses. Ils sont impopulaires parce qu‘ils n’ont pas su sortir des mesures qui pourraient être efficaces.

Un peu comme des médecins qui passeraient leur temps à endormir la douleur des malades sans en soigner la cause. Au bout d’un moment, les malades finissent par s’en apercevoir. Mais ils sont mourants.