Oleg Tscheltzoff – Fotolia : « En France il n’y a pas un climat qui pousse à entreprendre »

Les bureaux de Fotolia sont flambants neufs et encore un peu vides. C’est au cœur du 2ème arrondissement de Paris que la banque d’images sur internet lancée par Oleg Tscheltzoff en 2005 a installé ses nouveaux locaux. La société qui vient de multiplier par 4 ses effectifs, a connu en l’espace de 7 ans une croissance exponentielle grâce à une présence dans plus de 22 pays. Avec une progression de 30% de chiffre d’affaires en 2012, Oleg Tscheltzoff peut se frotter les mains : il vient de lancer la version hollandaise de son site et s’occupe activement de son nouveau bébé : Wilogo, une start-up française qu’il a rachetée l’an dernier pour l’internationaliser. Et ça marche, le site internet, déjà présent du Mexique à la Pologne, se lancera sur la marché italien la semaine prochaine. Entre deux avions, Oleg Tscheltzoff s’installe dans son fauteuil de PDG et nous livre sa vision de la situation économique française et les récentes décisions politiques.

Les bureaux de Fotolia sont flambants neufs et encore un peu vides. C’est au cœur du 2ème arrondissement de Paris que la banque d’images sur internet lancée par Oleg Tscheltzoff en 2005 a installé ses nouveaux locaux. La société qui vient de multiplier par 4 ses effectifs, a connu en l’espace de 7 ans une croissance exponentielle grâce à une présence dans plus de 22 pays. Avec une progression de 30% de chiffre d’affaires en 2012, Oleg Tscheltzoff peut se frotter les mains : il vient de lancer la version hollandaise de son site et s’occupe activement de son nouveau bébé : Wilogo, une start-up française qu’il a rachetée l’an dernier pour l’internationaliser. Et ça marche, le site internet, déjà présent du Mexique à la Pologne, se lancera sur la marché italien la semaine prochaine. Entre deux avions, Oleg Tscheltzoff s’installe dans son fauteuil de PDG et nous livre sa vision de la situation économique française et les récentes décisions politiques.

Vous venez de lancer Wilogo, en quoi cela consiste ?
Wilogo est une plateforme en ligne pour la création de logo. Le client peut venir créer un compte et organiser une sorte de concours pour la création d’un logo ou un design. A partir de là, des graphistes free-lance basés dans le monde entier et inscrits sur le site vont lui présenter des propositions. En général le client en reçoit une centaine. Il devra en sélectionner un pour qu’il puisse être retravaillé. L’idée étant de créer un service sur-mesure complémentaire à Fotolia.

Vous avez également des activités de business-angel. Comment le devient-on ?
Quand j’ai démarré dans l’entreprenariat, ce n’était pas les idées qui me manquaient mais souvent le capital ! Donc j’ai été obligé de faire des choix plus économiques. Aujourd’hui, on est dans une phase plus disruptive au niveau technologique et il y a vraiment des opportunités de créer des services à moindres coûts. Et c’est dommage pour certains entrepreneurs de passer à côté de ça s’ils n’ont pas le minimum de financements.

Quels sont vos critères d’investissement ?
Il faut absolument qu’il y ait du web : un site ou une application mobile. C’est le critère ! Il faut que ce soit un service existant mais moins cher. On est dans un contexte de crise économique et les gens vont continuer à se déplacer, à sortir mais si on leur propose des choses moins chères c’est toujours mieux. C’est pour ces raisons que j’ai investi dans Dealissime, dans Joliebox ou dans Restopolitan.

Faites-vous parti de ces business-angels qui estiment qu’il est compliqué d’investir en France ?
Oui c’est compliqué. Quand je compare ce qui se passe en France et dans les autres pays, c’est vrai qu’il n’y a pas un climat qui pousse à entreprendre et à investir ici. Si jamais les politiques ne favorisent pas l’entreprenariat ce climat va continuer. C’est tellement dur de créer une entreprise ! On travaille 24 heures par jour, on a une chance sur dix de réussir et si en plus vous êtes taxé sur le même revenu qu’un travail classique ça sert à quoi ?

« Aux États-Unis, les entrepreneurs sont des super stars au même niveau que des chanteurs ou des acteurs. »


Comment jugez-vous la politique actuelle du gouvernement à ce sujet ?
Je trouve que c’est excessif. Parce qu’être entrepreneur ou investisseur c’est une part de risque. Donc s’il y a une part de risque, il faut qu’il y ait un gain potentiel. J’estime qu’un revenu risqué doit avoir une faveur fiscale par rapport à un revenu garanti. Le gouvernement devrait encourager tout cela ne serait-ce que sur la question de l’embauche. Pourquoi ne pas créer un statut spécial les premières années pour les start-up ? Le gouvernement devrait aussi créer des incitations pour que les investisseurs et les business-angels aient des avantages à investir.

Vous pensez que l’on a un problème avec l’argent issu de la réussite professionnel ?
Je dis que si vous allez aux États-Unis, vous voyez que les entrepreneurs sont des super stars au même niveau que des chanteurs ou des acteurs. Alors que le chanteur ou l’acteur va toucher 10 fois plus d’argent et produire beaucoup moins d’emplois ! Pareil pour le footballeur qui gagne beaucoup d’argent. Il peut rouler en Ferrari personne ne va lui le reprocher. Alors que le patron, il va se faire détester parce qu’il a fait l’ENA. Le problème, c’est qu’en France on n’essaie pas de starifier le chef d’entreprise. L’entrepreneur est toujours suspect par rapport à la réussite. Il y a un petit problème avec ça. C’est culturel. Pourtant, on se rend compte depuis plusieurs années qu’il y a des jeunes qui sortent d’HEC, de polytechnique ou de Central  qui veulent créer leur boîte. Si on ne les motive pas, c’est une dynamique qui restera fragile.

Parmi toutes ces polémiques autour de l’argent et de la réussite, il y a celles sur les salaires des grands patrons. Gagnent-ils trop ?
Pour moi tout le problème vient des grands patrons. Ce sont des gens qui n’ont pas pris de risque, qui viennent de la même caste que les politiques et qui ont des méga-salaires garantis sans prendre de risques. C’est logique que cela pousse au conflit.  Quand je vois la polémique autour de Carlos Goshn qui traine pour baisser sa rémunération,  je ne trouve pas ça normal qu’il soit payé autant. Sa société il ne l’a pas créée. Lui comme d’autres, n’ont pas travaillé ou réussi quelque chose. Ils sont simplement ici parce qu’ils viennent d’un groupe de gens qui ont fait certaines études.

Vous êtes d’origine russe et vous êtes, entre autre, celui qui a lancé Patricia Kaas en Russie ! Est-ce que l’on vous a remercié en France ?!
Bizarrement, en France on ne m’a jamais remercié, mais en Russie oui ! Le président Poutine m’a remercié lui-même lorsque j’avais été invité à l’Élysée il y a quelques années. Plus jeune, je voulais faire de la musique et j’ai proposé à Patricia de chanter en Russie et elle a accepté et c’est comme ça que ça c’est passé !

Par Julien Gagliardi