OPINIONS : Alexis, reviens !

Par Hervé Novelli, ancien Ministre.

En 1831, Alexis de Tocqueville embarque pour l’Amérique. Il observera la jeune démocratie et livrera une analyse magistrale de son évolution et des relations complexes de la démocratie avec les libertés. Aujourd’hui l’UMP gagnerait à réfléchir à trois sujets qui taraudent la société française et auxquels la droite et le centre ont apporté des réponses contradictoires durant les 10 années précédant l’alternance socialiste :

-la démocratie locale d’abord,
-la démocratie sociale ensuite,
-la démocratie politique enfin.

La Démocratie Locale

En 2004, sous l’impulsion de Jean Pierre Raffarin, la Constitution est adaptée: La France devient « république décentralisée « . La seconde étape de la décentralisation semble bien engagée. Pourtant, dès  2008, sous les coups de boutoirs conjugués de la crise et d’un jacobinisme toujours vivace, la recentralisation s’opère. Pourtant l’affirmation et la défense des libertés locales sont de puissants antidotes aux tendances hégémoniques de la puissance tutélaire de l’Etat, « un Etat qui s’occupe de tout et l’individu de rien ». (« De la démocratie en Amérique »)

La Démocratie Sociale

Sous l’impulsion de l’ancienne majorité, les lois facilitant la négociation sociale sont adoptées à l’instar de ce qui existe en Allemagne et dans les pays scandinaves. Quel troublant paradoxe de voir cette majorité socialiste inscrire dans notre Constitution ce que nous avions adopté et de constater que notre camp dénonçait les corps intermédiaires lors de la campagne présidentielle !

Pourtant, la lecture de « L’ancien régime et la Révolution » montre que ces organisations contribuent au partage du pouvoir et donc à la défense de l’initiative individuelle.

La Démocratie Politique

Aujourd’hui, notre démocratie représentative agonise, frappée à mort par la réalité :
Réalité du fossé toujours plus grand entre le temps de l’économie mondialisée -temps court-et celui de la politique, des élections -temps long-. Réalité de la montée des populismes qui surfent sur les renoncements des partis de gouvernement. Nul ne peut décemment aujourd’hui ignorer cette terrible maladie qui frappe notre démocratie représentative: défiance du politique, impuissance du politique, mais aussi désintérêt du citoyen au mieux, révolte au pire.

L’Italie, hélas, montre la voie. Qui saura décrire cette maladie et y apporter des remèdes? Le défi de l’opposition est immense. Elle ne semble pas l’avoir encore saisi.

Alexis, reviens!