Patrick Thélot : « Il faut réformer le système éducatif et opter pour une flexibilité encadrée de l’emploi »

Patrick Thélot est président et fondateur du Groupe PHONE REGIE, leader français de l’accueil en entreprise, qui emploie 6000 jeunes (dont 90% en CDI) et membre de Croissance Plus.

Qu’attendez-vous de François Hollande, en matière d’emploi des jeunes ?

Le système éducatif français doit être réformé. A l’heure actuelle, c’est une catastrophe. Il y a chaque année environ 160 000 jeunes qui sortent de ce système sans aucune éducation, certains ne savent pas écrire une lettre de motivation sans faire de fautes d’orthographe. La formation d’un grand nombre de ces jeunes, académique, n’est pas adaptée au marché de l’emploi. Ces jeunes ont besoin d’une formation technique, adaptée au marché du travail, dans le domaine de la comptabilité, le secrétariat, l’informatique, la technique, ou encore l’artisanat. Il existe des métiers honorables que l’on peut acquérir dès la troisième, grâce à l’apprentissage par exemple. C’est le cas en Allemagne. Il ne faut plus qu’il y ait un tel ravin entre le monde de l’entreprise et le monde éducatif.

Êtes-vous pour une flexibilité de l’emploi des jeunes ?

Les mesures coercitives sur l’emploi fixées par l’Etat, quelles qu’elles soient, restent un frein à l’emploi. Je suis donc favorable à la souplesse du travail, pour les jeunes comme pour les autres salariés des entreprises. Elle aide l’emploi, et elle permet en outre aux jeunes de faire un bout de chemin dans une entreprise, d’acquérir une expérience, sans y rester trop longtemps, pour aller acquérir une autre expérience ailleurs, complémentaire. Il doit simplement y avoir des règles à respecter, pour ne pas précariser l’emploi de ces jeunes. Selon moi, il faut réformer le code du travail, pour qu’un employeur qui se sépare d’un jeune, comme de n’importe quel employé, soit obligé de verser une indemnité prévue par les conventions collectives et non par la loi.

A-t-on assez parlé de l’emploi des jeunes pendant la campagne ?

J’ai été très surpris que lors du débat de l’entre-deux-tours entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, l’emploi, et a fortiori l’emploi des jeunes, soit très peu évoqué. La croissance d’un pays repose sur l’emploi, la richesse et l’équilibre des comptes publics. Et donc sur les entreprises, qui embauchent, créent des richesses, et paient des impôts et toutes sortes de taxes.