Pertes historiques du Crédit Agricole : L’opération vérité

Xavier Musca n’a pas mis longtemps à faire le ménage. L’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée sous Sarkozy avait été recasé en juin en tant que directeur général délégué de la banque verte. Il aura mis 6 mois pour passer à la paille de fer les comptes du Crédit Agricole. En effet, dans un communiqué, la banque annonce vendredi matin une perte historique sur l’exercice 2012. En cause, des dépréciations d’écarts d’acquisition à hauteur de 2,67 milliards d’euros entrainant une perte nette de 2,48 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année. Un record dans l’histoire de la banque. 

Côté client, ça va grogner dans les AG régionales. La majorité des agriculteurs, clients et souvent sociétaires de la banque, ne savent même pas pourquoi elle a perdu autant d’argent. Crise oblige, le Crédit Agricole a laissé des plumes dans ses activités internationales. Au Portugal tout d’abord, où la valeur de sa participation dans la banque portugaise BES, s’est dépréciée à hauteur de 267 millions d’euros ! En Grèce ensuite où la cession de sa filiale Emporiki s’est fait à perte, près de 100 millions d’euros. Et ainsi de suite pour l’Espagne et l’Italie mais aussi aux États-Unis où la crise des subprimes n’était pas tout à fait digérée.

Bref, le ménage était urgent et n’aura donc pas attendu la publication des résultats du groupe prévu le 20 février prochain. Après ce coup d’aspirateur, la plupart des investisseurs estiment que l’année 2013 sera brillante.