Peugeot-Citroën : le nouveau patron rebat déjà les cartes

A peine installé à la tête de PSA Peugeot-Citroën, Carlos Tavares a déjà indiqué qu’il tournerait le dos à la stratégie de ses prédécesseurs.

Carlos Tavares, ex-numéro 2 de Renault, recruté par PSA Peugeot-Citroën, n’y est pas encore en place qu’il a déjà indiqué des évolutions stratégiques bien différentes de celles de son prédécesseur, notamment en matière d’implantation industrielle. Présent hier soir au salon de Genève, il a confié à qui voulait bien l’entendre que les implantations industrielles en Europe n’étaient pas la priorité. Or, un des engagements de la précédente direction, et notamment de Philippe Varin, était de consacrer l’essentiel des 3 milliards d’euros apportés par l’augmentation de capital, dont 1 milliard apporté par l’État français, au renforcement de l’équipement industriel en Europe. L’idée était de profiter des faibles coûts de main d’œuvre de l’ancienne Europe de l’Est pour fabriquer comme Renault des voitures low-cost sur lesquelles l’entreprise de Carlos Ghosn gagne le plus d’argent.

Pour Carlos Tavares, ce programme ne serait plus d’actualité parce que le groupe PSA possède déjà beaucoup d’usines en Europe et ces usines ne tournent pas à plein régime. Leur production en Slovénie ou en Espagne  ne dépasse pas les 60% de la capacité globale de production. Les usines européennes sont donc sous-utilisées, les stocks importants avec des voitures qui se vendent mal, parce que trop chères et pas adaptées à une clientèle qui visiblement n’en veut pas. Le fait que la dernière voiture sortie par l’ancienne équipe ait été désignée comme la voiture de l’année n’émeut pas outre mesure le nouveau président du directoire .

Son problème c’est la compétitivité des usines de production et la créativité des équipes de conception. L’argent levé sera donc consacré essentiellement à l’amélioration de la compétitivité des usines.

Ce qui se passe chez PSA Peugeot-Citroën est un peu à l’image de ce qui se passe en France. La gouvernance est confrontée aux mêmes problèmes.

D’un coté des contribuables qui en ont marre de payer des impôts mais qui ne veulent en aucun cas abandonner les services publiques et sociaux, trop chers. De l’autre coté, on a des actionnaires aussi conservateurs, qui ne comprennent pas pourquoi leur entreprise marche si mal mais qui n’ont jamais voulu faire l’effort de financer  la modernisation.

Du coté de l’État, le management s’enferme dans l’immobilisme et les querelles de courants. Du coté de PSA, le management s’asphyxie dans les querelles de familles.

Au niveau du gouvernement, la seule solution pour en sortir serait de changer les ministres, et d’abord le Premier d’entre eux. Au niveau de PSA, il a fallu changer le chef, pour pouvoir changer de  stratégie… Dans un cas comme dans l’autre, les équipes dirigeantes étaient devenus inaudibles, incapables de protéger leur visibilité.