Politique, économie, progrès scientifique : la crise du coronavirus va peut être nous rendre intelligent et chasser les sorciers et autres porteurs de fake news.

Moins de conneries et plus de pragmatisme, plus de coopération internationale ; moins de fake news. La crise du coronavirus est tellement grave qu’elle invite les responsables politiques et sociaux à considérer enfin que les faits sont têtus. 

Le temps où le nuage de Tchernobyl s’arrêtait à la frontière est enfin révolu. L’épidémie du coronavirus est tellement violente qu’elle oblige les acteurs et la plupart des responsables politiques à adopter des comportements responsables. 

Sauf exception, dans toutes les démocraties occidentales, les politiques ont fait taire leurs habituelles polémiques, leurs rivalités stériles en assurant la transparence sur le développement de l’épidémie, son origine, son cheminement, sur les moyens de la combattre ou de la freiner. Alors certains pensent que nos gouvernements ont pris du retard, d’autres considèrent que l’application du principe de précaution participe à l’inquiétude, mais globalement, les réponses gouvernementales correspondent e l’ampleur du problème. Et si les pays européens réagissent de façon différente, c’est seulement que leurs organisations ne fonctionnent pas au même rythme. L’Italie souffre d’un système de santé beaucoup plus fragile que le notre. L’Allemagne doit tenir compte de ses structures décentralisées qui ne résonnent pas de la même façon qu‘un Etat très centralisé comme la France en situation de crise. La seule chose que l’on peut souhaiter, c’est que les appareils de santé tiennent le choc de cette pandémie qui paraît maintenant incontournable. 

Ce qui est positif dans cette affaire, c’est que  la gravité des faits a provoqué une prise de conscience collective sur au moins cinq  dossiers qui,  jusqu'à lors servaient de terreaux aux idées reçues et aux fake news, aux rumeurs les plus abracabrantesques et anxiogènes. Alors tous les risques de rumeurs aggravantes n’ont pas disparu mais quel progrès en deux mois.

 

1er dossier : la crise sanitaire. Il est évident maintenant dans le monde entier que la priorité des priorités va être de régler la crise sanitaire. On peut pleurer sur les cours de bourse, évaluer les dégâts économiques et sociaux, mais l’urgence des urgences va être d’éteindre le virus puis de mettre au point les vaccins. On a enfin compris « qu‘il fallait se laver les mains» , le fera-t-on ? Il faut l’espérer. Mais tous ceux qui depuis quelques années nous implorent de vivre autrement, d’économiser des produits sceptiques, de lutter contre le climat  vont peut être comprendre que de se faire vacciner contre la grippe ou la variole n’était pas forcément néfaste à la santé publique. Face à la crise sanitaire, les banques centrales ne vont pas être très utiles. Elles serviront à relever les systèmes économiques, mais une fois seulement que le virus sera terrassé.  

 

2e dossier, la crise des conditions d’hygiène dans les pays émergents.  Le monde entier a pris conscience que la Chine était peut être devenue l’usine du monde mais la Chine reste aussi le plus gros producteur de virus et de saleté de la planète. Toutes les épidémies virales depuis trente ans sont parties de Chine. Pendant des années, on n’a rien su, les autorités chinoises ont mis un couvercle sur ces bouillons de culture. Avec le coronavirus puis la mondialisation, le monde entier a su d’où venait le mal. Il faudra nécessairement interpeller le régime chinois qui est très en retard dans la mise en place des conditions d’hygiène de vie et de santé. Le traitement des eaux usées, l’assainissement, les hôpitaux, les médecins. Tout est à faire. On a reproché au modèle chinois de contribuer au réchauffement climatique alors qu’ils font plus d’efforts que beaucoup de pays développés. Il faudra les interpeller sur leurs capacités à faire fonctionner un système de santé. Le peuple chinois lui même va forcément demander des comptes. 

On peut être vigilant sur la qualité des produits fabriqués dans les émergents, mais il faudra l’être tout autant pour juger de la qualité des systèmes de santé. La Chine et la plupart des pays d’Asie sont pointés du doigt, mais pas seulement. L’Inde, l’Iran, et l‘Afrique.  

 

3e dossier, celui de la mondialisation. Contrairement à ce que « des imbéciles, idéologues » ont essayé d‘expliquer, la mondialisation n’est pas à l’origine du coronavirus ni de son développement. La mondialisation est victime du phénomène dans la mesure où les premiers pays touchés ont pris en urgence des mesures de confinement. La circulation des produits s’est arrêtée comme le crédit interbancaire en 2008 s’était arrêté. 

Du coup, les systèmes de production, de transport, de logistique et de distribution se sont arrêtés depuis un mois maintenant. Alors ce coup d’arrêt ne remet pas en cause le principe même de la mondialisation. La planète aura toujours intérêt à jouer sur les avantages comparés et les spécialisations internationales, mais les régions du monde auront aussi intérêt à mesurer leur degré de dépendance de façon à ne pas se laisser piéger par l’effondrement d’un fournisseur. 

 

4e dossier, la coopération internationale. Le commerce international avait encouragé la coopération multilatérale avec le rôle donné à l’OMC de jouer les gendarmes du monde. La crise de 2008 a réveillé les tendances protectionnistes, l’OMC a perdu de son rôle et les Etats les plus forts sont revenus à la charge pour imposer leur loi. Les enjeux climatiques auraient du entrainer une forte coopération internationale, la COP 21 promettait beaucoup de progrès mais les engagements pris n’ont pas été respectés, faute de gouvernance mondiale. Aujourd’hui avec le risque de pandémie, il semble que l’OMS ait été écoutée. Ses experts, ses médecins ont réussi à organiser un début de transparence. C’est pas gagné parce que les dirigeants Chinois ont menti pendant deux mois, les Coréens se sont tu .. l‘Iran a commencé à parler alors qu’elle était au bord du drame national. 

Les Européens et la plupart des Occidentaux ont pris la mesure du problème et donnent le sentiment d’organiser une solidarité. Les marchés de la pharmacie font le job.  Ils cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement pour s’affranchir du problème chinois. Ils multiplient les recherches de vaccins et de traitement en faisant circuler l’information Tout ce que le monde compte comme experts scientifiques, médecins, biologistes sont sur le pied de guerre. Sont-ils en concurrence ? évidemment et heureusement. Parce que plus la concurrence sera forte plus les chances de découvrir le remède sont grandes. Les quelques voix qui la semaine dernière se sont élevées contre l’accord passé entre Sanofi et des laboratoire américains pour la mise en commun de leurs moyens se sont rapidement tuent devant l’évidence. Peut importe que le vaccin soit français ou américain, ça n’est pas le sujet. Le sujet est que le vaccin soit opérationnel le plus tôt possible. Or il faudra attendre bien sur, puisqu’il faut plus d’un an pour réaliser la culture et les tests. 

 

5e dossier, la lutte contre les sorciers par l’éducation, le respect des scientifiques et des experts. Cette crise leur a redonné de la légitimité et sans doute du crédit. Dans tous les sens. Non seulement on s’est retourné vers ceux qui savent : les épidémiologistes, les biologistes, les équipes médicales. On a peu entendu et c’est heureux les militants de la médecine naturelle et de tous ceux qui combattent le rôle de la science, des médicaments et notamment des vaccins.  Bref les sorciers baissent la tête et s’ils voyagent dans une zone à risque, ils iront faire les tests comme tout le monde.