Pour les chefs d’entreprise, le G20, c’est la gouvernance mondiale, le G7, c’est le club des très riches.

Le G20 a  en général plus d’impact sur l’économie mondiale que le G7. Le G20, c’est la gouvernance mondiale, le G7 c’est un club de riches qui défendent leurs privilèges. 

Le Groupe des vingt (G20) qui se réunit à Osaka ce vendredi et samedi se compose de dix-neuf pays et de l’Union européenne en tant que telle. Se retrouvent là les chefs d’Etat, les ministres de l’économie et des affaires étrangères et les présidents de banques centrales. Pour les chefs d’entreprise du monde occidental, cette réunion a beaucoup plus d’impact que celle du G7. Le G7, c’est le groupe des 7 pays les plus riches du monde. Il se réunira à Biarritz au mois d’août prochain. 

 

Le G20 est plus important parce que se confrontent autour de la table les responsables politiques de la planète. Le G20 représente 85 % du commerce mondial, les deux tiers de la population mondiale et plus de 90 % des richesses mondiales. En bref, le G20 a le poids d’une gouvernance mondiale . 

Les pays occidentaux, les producteurs de pétrole et les plus grands des émergents (Brésil, Inde, Chine).  Bref, le G20 réunit des pays souvent très antagonistes (qui acceptent de se parler) aux intérêts contradictoires et conflictuels. Le G20 est un pur produit de la mondialisation quand la mondialisation a parfois échappé aux gouvernances politiques. Le G20 est né au début des années 2000. 

Le G7, lui est beaucoup plus ancien, il est né en 1974 à l’initiative de Valery Giscard d’Estaing qui a pensé que le groupe des 7 pays les plus riches du monde pouvait formuler une réponse commune à la crise pétrolière. Les réponses le plus souvent monétaires n'ont pas été probantes, elles ont entrainé des crises financières.

Le G7 a été considéré à juste titre comme le club des plus riches préoccupés surtout de protéger leur confort. 

Le G20 est différent, les intentions qui émergent des débats s’appliquent plus concrètement à la situation réelle du monde. Le G20 s’est imposé comme le principal forum de gouvernance économique mondiale, où sont discutés aussi bien les questions économiques et financières que les grands enjeux globaux, la lutte contre le terrorisme, la santé mondiale, le trafic de drogue, l’évasion fiscale,  la lutte contre le réchauffement climatique, les migrations ou encore la mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Alors cette année, il apparaît que ce groupe des 20 sera confronté à l’examen de 4 dossiers parmi les plus brulants pour l’équilibre du monde. 

1er dossier, le conflit entre la Chine et les Etats-Unis dont l’enjeu porte sur la domination économique et technologique.Cet enjeu existe évidemment et concerne, par ses effets collatéraux, le reste du monde. Alors, les faucons peuvent toujours penser que ce type de conflit ne peut se solder que par les armes, mais la majorité des gouvernants estiment que l’interaction des intérêts est telle que personne n'a intérêt à asphyxier l’autre. La Chine et les USA se tiennent. Chacun a besoin de l’autre. Alors, il faudra bien résoudre les différents. Le cadre du G20 se prête mieux à une négociation collective, une confrontation publique des contradictions, plus que par l’échange de Tweets agressifs et violents qui eux s’adressent plus aux politiques internes qu’aux relations internationales. 

L’affaire des recherches nucléaires en Corée du Nord est connexe au dossier de la crisesino-américaine. Mais non moins risquée. 

2dossier, urgent, concerne tout ce qui touche à l’Iran.Et là, c’est plus compliqué parce que cette marmite fait bouillir des intérêts pétroliers, monétaires, religieux et culturels. Mais là encore, l’ensemble de la planète est concerné. 

 

3dossier, l’avenir du commerce international. Tout le monde est d’accord pour constater que la mondialisation a entraîné beaucoup d’inégalités sociales, entre les pays riches et les pays pauvres ... mais aussi à l’intérieur des pays développés. Mais tout le monde reconnaît aussi que la mondialisation des échanges a eu des effets bénéfiques extraordinaires. 

La question qui se pose est de savoir dans quelle mesure il faut accepter un contrôle ou une régulation des échanges commerciaux sans prendre le risque de s’engager dans une logique du déclin, ce dont personne ne veut. 

Là encore, ce ne sont pas les Tweet de Donald Trump prophétisant la restauration du protectionnisme qui règlerontla situation. 

 

4dossier, la lutte contre le réchauffement climatique. La France a fait savoir qu’elle ne signerait pas le communiqué final si on en exclu la nécessité de lutter contre le réchauffement de la planète. Le président a raison, ne serait-ce que pour des raisons de politique intérieure. Pour les mêmes raisons, Donald Trump refusera lui qu’on priorise les objectifs écologiques. Mais tout cela, c’est de la politique pour les riches. 

L’essentiel va être de mettre en évidence des faits que les Occidentaux font semblant de ne pas voir. 

D’abord, les objectifs écologiques doivent être compatibles avec la croissance et le progrès scientifique. Les grandes entreprises internationales ont déjà fait savoir que l’écologie compatible avec la croissance était une demande expresse des salariés d’entreprises, des actionnaires, mais avant tout des clients. Donc, on peut se passer d’injonctionsou de menaces. 

Ensuite, il faut aussi rappeler que les plus gros pollueurs sont les Etats Unis, la Chine et l’Inde. Alors les Etats-Unis trouveront les moyens de régler le problème. Les marchés financiers, les entreprises et les collectivités locales s’en occupent. La situation sera beaucoup plus difficile à régler dans les pays émergents. Sauf à faire payer les consommateurs, et les consommateurs, ce sont les pays occidentaux qui tiennent de beaux discours moralisateurs en faveur du climat, mais qui exportent très loin les activités les plus polluantes dans les pays émergents. Le plan anti-climat sera évidemment mondial ou ne servira à rien. Tweets trumpiens ou pas.