Pour sauver l’Europe, effaçons les dettes !

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Les marchés n’ont pas été rassurés par le sauvetage des banques espagnoles. Plus grave, c’est au tour de l’Italie d’être la cible des spéculateurs. Pour sortir de ce cercle vicieux, il faut effacer les dettes et construire une Europe fédérale.

Le plan de sauvetage espagnol n’a pas calmé l’inquiétude des marchés qui sont à nouveau retombés en début de semaine. Les taux d’intérêt auxquels emprunte l’Espagne sont remontés à plus de 6%. Les marchés estiment avoir un manque de visibilité sur les montants, sur les conditions et sur les taux. Cette aide si importante soit-elle n’est qu’un ballon d’oxygène pour les banques à bout de souffle. Les vrais problèmes ne sont pas réglés : rien ne garantit un excès de fièvre dans trois mois.

Quelles sont les solutions ?

Pour régler le problème, tout le monde sait qu’il n’y a qu’une seule option : on efface les dettes ! Arrêtons de se raconter des histoires, les dettes ne seront jamais remboursées parce qu’elles ont financés des actifs pourris. Il  faudra se résoudre à effacer les dettes excessives dans tous les pays de la zone euro de façon à ramener le taux d’endettement à la norme supportable de 60% du PIB.  Evidemment, ça coûtera très cher à ceux qui ne retrouveront jamais ce qu’ils ont prêté mais ils ne perdront pas plus que maintenant.

Comment fait-on ?

Pour oublier ces mauvaises dettes, on peut les déplacer dans une déchèterie que l’on essaiera de solder au fur et à mesure. C’est une idée française à laquelle les Allemands ne sont pas hostile. Mais elle fonctionne à des conditions précises. Notamment le respect de la règle d’or et l’engagement d’un processus d’intégration fédérale. L’idée étant de commencer par la création d’une Europe des banques. En d’autres termes, elles ne dépendraient plus des états mais de l’Europe qui en assurerait la tutelle. On retombe toujours sur la même solution : le fédéralisme. La grande question est désormais de savoir si l’on engage ce processus avec ou sans l’appui des opinions publiques.