Pourquoi la France a les meilleures écoles de commerce mais de très mauvais commerciaux

Le Financial Times vient de publier son classement annuel des meilleures écoles de commerce de la planète. Cocorico ! La France est dans le trio de tête.

Une fois de plus, la France des grandes écoles arrive en tête de cette compétition mondiale arbitrée par le Financial Times. Ce qui est beaucoup moins intéressant, c’est que la France n’a pas su garder les meilleurs commerçants du monde. La preuve, son commerce extérieur et son rayonnement international sont désormais  désastreux. Plutôt bizarre, il y a forcément un bug quelque part.

Le classement des meilleurs MBA executive business publié par le Financial Times vient de donner la première place à une école française, l’INSEAD de Fontainebleau et la troisième place à HEC qui arrive à égalité avec la célèbre London School of Economic et la Stern Business School de New-York.

Au classement, on trouve également l’ESCP qui progresse au 13e rang et Kedge, une école née de la fusion entre les écoles de Bordeaux et de Marseille qui arrive du premier coup à la 23e place. Arrivent aussi dans le top 100 : l’EDHEC de Lille, l’EM Lyon et surtout la Toulouse Business School. Toulouse étant en train de se positionner comme un centre de recherche économique internationale avec son prix Nobel, Jean Tirole.

Les critères qui permettent d’établir ce classement sont très classiques. Les jurés retiennent le salaire de sortie, la capacité d’insertion professionnelle, le corps professoral et l’importance internationale de la recherche. Ce qui signifie que les accords passés avec les universités étrangères, et notamment chinoises, sont regardées à la loupe et déterminent en partie la valeur des diplômes. La France est en pointe dans ce type d’association, du coup les écoles françaises en touchent les dividendes. Les diplômés aussi, qui sont parmi les mieux payés du monde.

Mais alors, comment se fait-il qu’avec une formation en administration d’entreprise aussi primée et reconnue par le monde entier, la France ne soit pas championne du monde dans le commerce international. Pourquoi ses performances économiques et financières ne lui permettent pas d’animer une activité en croissance et un marché de l’emploi dynamique ? Comment se fait-il que la France soit capable de fabriquer de telles compétences et qu’elle ne soit pas capable de les utiliser ! Les raisons sont multiples et bien connues.

D’abord, ces compétences acquises dans les universités et les grandes écoles françaises ne restent pas en France. Près de 30% des expatriés sont des étudiants en fin d’études qui partent vers d’autres horizons et qui ne reviennent pas parce qu’ils ne trouvent pas dans notre pays les structures d’accueil qui pourraient leur permettre de réaliser leurs objectifs professionnels.

Ensuite, ces super-diplômés sont très souvent formatés pour la grande entreprise. Or, la grande entreprise française n’investit plus en France mais à l’étranger, dans les pays émergents  : la Chine, l’Inde et le Brésil. Donc, elles embauchent des cadres pour les envoyer à l’étranger.

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Ceux qui choisissent la création d’entreprise ne trouvent pas un écosystème favorable à la création en France. Ils partent donc en Californie, à Londres ou à Shanghai.

Enfin, et c’est évidemment le point le plus important, le commerce extérieur du pays dépend de la qualité des commerçants certes, mais surtout de la compétitivité des produits et des services. Et là, nous sommes plantés. Le problème français c’est la compétitivité. Un problème de coût, nous sommes trop chers,  mais aussi un problème de qualité.

Le meilleur exemple de ce déficit ce sont les diplômés eux-mêmes qui sortent de ces écoles. Ils sont convoités par le monde entier, ils vont travailler dans le monde entier parce qu’ils sont considérés comme les meilleurs, parce qu’au niveau du coût, ce sont aussi les plus chers. Comme quoi, la compétitivité n’est pas toujours une question de coût.