Pourquoi Nicolas Sarkozy veut s’attaquer à la TVA

Jeudi soir, lors de son intervention TV, Nicolas Sarkozy a pris acte de la panne de croissance pour 2012. 1% de croissance au lieu de 1,75% qui va obliger le gouvernement à trouver entre 6 et 8 milliards de recettes fiscales supplémentaires. Le scénario le plus probable, passerait par une augmentation de la TVA.

Pourquoi la TVA ?

Parce que c’est la reforme la moins difficile à mettre en œuvre et le moyen le plus efficace. La TVA, c’est une invention française. Elle date de 1954 et elle est tellement pratique qu’elle a été adopte dans le monde entier. Aujourd’hui, la TVA rapporte chaque année 140 milliards d’euros. La taxe est calculée à partir de deux taux :

– Un taux normal à 19,6% perçu sur la plupart des biens et des services.

-Un taux réduit à 5,5% sur quelques biens de première nécessités dont  l’alimentaire, la restauration et les travaux de bâtiment.

Ce qui Nicolas Sarkozy veut faire.

Jeudi soir, le Président a exclu une augmentation généralisée des taux de TVA. Cela signifie que l’on réfléchit à des augmentations de produits ou de secteurs.

Pour le gouvernement, il y a deux solutions :

– Remonter dans le taux à 19,6% des produits qui étaient au taux réduit.

– Créer un taux intermédiaire à 7% comme en Allemagne, à 12% comme en Autriche et en Belgique, à 8% comme en Espagne ou encore à 13% comme en Pologne et au Portugal.

Il y a aussi de la marge d’augmentation du côté du taux normal. Parce que notre TVA à 19,6 est encore inférieure à celle qui est appliquée dans la plupart des pays de la zone euro (très souvent entre 20 et 23%).

Néanmoins, ce projet soulèvera les foudres de la gauche qui a toujours considéré que la TVA est injuste parce qu’elle est payée par tout le monde. Cela dit, tous les scénarios seront critiqués. C’est sans doute le point faible de l’explication de Nicolas Sarkozy. D’un côté, il a parfaitement expliqué la gravité de la situation. Mais de l’autre, il n’a pas dit ce qu’il fallait faire pour protéger le modèle social. Pas un mot aussi sur les dépenses publiques excessives, pas un mot sur le chômage. Le débat politique va être compliqué.