Présidentielle : Les patrons interpellent enfin les candidats

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Mardi, François Hollande, Nicolas Sarkozy et François Bayrou ont rencontré les représentants d’organisations patronales et des chefs d’entreprises à l’initiative de l’AFEP pour parler compétitivité.

Il y avait du beau monde au carrousel du Louvre mardi. Les trois principaux candidats à la présidentielle se sont succédés devant un parterre de représentants du monde économique : Des patrons français du CAC 40 ainsi que les organisations telle que la CGPME, Le MEDEF et l’AFEP. Le but ? Dire aussi aux responsables politiques, la réalité des affaires. Et cette réalité, tout le monde la partage : La machine France n’est plus compétitive, il n’y a pas d’exportation, pas d’innovation et des dettes partout.

Sur le sujet, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont deux approches bien différentes : Hollande  plaide pour l’équilibre social, d’où l’augmentation des impôts et des charges. La fameuse taxe de 75% sur les hautes rémunérations ne passe pas auprès des chefs d’entreprise. Il fallait s’en douter. Pour Nicolas Sarkozy, la compétitivité  passe par la flexibilité de l’emploi, le transfert de charges sur la TVA, l’innovation par le crédit emploi recherche et par la maitrise des dépenses publiques.  Le tout pimenté de quelques menaces fiscales contre les hyper-riches exilés à l’étranger.  Les chefs d’entreprise n’ont pas été surpris. Ils savent le décalage entre la promesse électorale et l’action de terrain.

En revanche, il y a trois éléments qui inquiètent et qui provoquent la colère des patrons. Le premier réside dans le fait qu’aucun des candidats n’a un projet sérieux de réduction des dépenses publiques. Le second, c’est que les hommes politiques ne disent pas la gravité de la situation. Enfin, tous sont extrêmement prudents et timides quant au projet de société à long terme qu’il pourrait porter. On touche là, à la vraie différence entre un responsable politique et un responsable d’entreprise. Le premier travaille pour les cinq prochaines années, le second pour une génération.