Quand Google, Angela Merkel et Pékin soulignent l’impuissance des États à gouverner

Entre la révolution technologique, l’émergence de la Chine et l’afflux de migrants, cette rentrée vient de nous administrer la preuve de l’impuissance croissante des États à gouverner leurs espaces nationaux.

Trois évènements dont l’ampleur souligne un seul et même phénomène : l’impuissance voir l’incapacité des États à gouverner, réguler et gérer une croissance qui permettrait de répondre à la demande des opinions publiques.

Le premier évènement, c’est l’accord tombé mardi soir entre Google et Sanofi pour apporter des solutions préventives et curatives à ce fléau qu’est le diabète. Les hommes politiques, qui s’intéressent à tout sauf à ce qui est important, n’ont pas vu ce qui se passait.

On estime qu’il existe dans le monde près d’un milliard d’individus qui souffrent du diabète. La première moitié ne le sait pas. L’autre moitié se soigne tant bien que mal. La lutte contre le diabète n’existe véritablement bien que dans les pays riches au seul bénéfice des classes les plus aisées et les mieux éduquées. Le diabète est un dérèglement de la composition du sang. Pour corriger ce dérèglement, le malade doit prendre de l’insuline.

Le problème, c’est que la dose d’insuline optimale peut varier tous les jours en fonction du style de vie, de l’alimentation, du stress, du sommeil : des facteurs qu’il faudrait mesurer en permanence pour adapter le traitement. C’est matériellement impossible à garantir. On n’en peut pas mettre sous surveillance 24h/24 les 500 millions malades du diabète.

L’alliance entre Google et Sanofi va le permettre. Google est en mesure de connaitre l’état précis de chaque patient grâce à des capteurs très simples dont les résultats, traités par une application, donneront la dose d’insuline nécessaire. Sanofi, cette entreprise d’origine française championne du monde de la fabrication d’insuline peut alors fournir l’exacte quantité de produits.

Cette alliance est révolutionnaire et montre comment la répartition des tâches va pouvoir s’opérer grâce au numérique. Demain, rien n’empêchera Google et d’autres de fournir aux laboratoires, aux médecins, et aux mutuelles, une connaissance précise de l’état de santé du malade. Cela ne coûtera pas cher par malade et ça rapportera très gros à la collectivité. On pourra ainsi mieux prévenir les hommes et les femmes de cette planète, des risques de grandes maladies.

Cette alliance provoque déjà des débats aussi bruyants que stupides. Faudra-t-il laisser Google stocker des milliers de données personnelles sur la santé des hommes et des femmes ? Bien sûr que oui si cela permet de les guérir.

Google ne va-t-il pas racheter ainsi toute l’industrie ? Bien sûr que non. Google n’a pas intérêt à racheter l’industrie pharmaceutique. Google a intérêt à marier les compétences d’un grand pharmacien avec le champion du digital. Idem avec l’automobile. Google ne rachètera jamais un constructeur automobile pour produire une voiture connectée et autonome. Il passera des alliances avec Renault et les autres pour marier des compétences.

Pendant ce temps-là, la classe politique française en est encore à discuter de l’intérêt ou pas des 35 heures dans l’hôpital. Que les politiques discutent, un jour viendra ou Google et Sanofi feront leur travail.

Quant à ceux qui pourraient penser qu’il y a en germe un projet politique dans le développement de Google, ils ont raison. Google et Sanofi militent pour une sorte de planète globale où chaque vivant aurait accès à l’éducation comme aux soins. Si le projet politique est celui-là, on ne voit pas en quoi il serait contraire aux valeurs républicaines dont nous sommes si fiers. De droite ou de gauche.

L’autre évènement, c’est la mise en garde d’Angela Merkel pour inviter les Européens à trouver ensemble une solution au drame des migrants qui débarquent en Europe. Angela Merkel conditionne la survie de l’espace Schengen à la conclusion d’un accord. Elle a raison, si les Européens ne s’accordent pas sur une politique d’accueil, l’espace Schengen qui organise la libre circulation à l’intérieur de l’UE n’a plus de sens et devra disparaitre.  La proposition Allemande ne soulève aucun écho en France pour une raison simple : la solution allemande passe par la mise en place dans chaque pays de quotas d’immigration.

Officiellement, la France refuse ce type de politique parce que « la France ne peux pas accepter les quotas, pas question de choisir ses immigrés ». C’est contraire aux valeurs de la gauche qui prône d’accueillir tout le monde.

Quelle hypocrisie ! Quelle arrogance ! La France qui va accueillir 60.000 immigrés se permet alors de donner des leçons de morale à la Chancelière qui accueillera cette année 800.000 migrants. Il faut arrêtez de fermer les yeux sur cette réalité. L’Allemagne s’est donné les moyens de respecter les valeurs.  Les États sont impuissants s’ils ne se coordonnent pas pour régler quelques grandes questions. L’État allemand à beaucoup de moyens mais pas assez pour gérer seul, le phénomène migrant qui envahit l’europe.

Le troisième évènement concerne la politique économique. Le poids des marchés ça n’est rien d’autre que la prise en compte de l’interdépendance des peuples dans une région du monde. Et même à l’échelle du monde. L’exemple le plus frappant de l’incapacité des États à gérer seul la contrainte des marchés c’est celui de la Chine. Le gouvernement chinois a montré son incapacité à gouverner une économie de consommation. Le résultat, l’économie chinoise est en panne de forte croissance. Or, la Chine a besoin de forte croissance pour intégrer sa population. La forte croissance passe par la consommation. Si le peuple chinois consomme il va devenir exigeant. Pékin ne sait pas gérer les exigences du peuple.