Quand la Russie s’achète une conduite auprès de l’Europe

L’Édito de Jean-Marc Sylvestre. La Russie commence petit à petit, à entrer dans le concert des nations européennes. Elle débarque avec ses qualités, mais aussi ses défauts.

Alors que les résultats des élections sont encore aujourd’hui très contestés par la rue en Russie, le président Medvedev a promis d’aider les pays de la zone Euro à surmonter leur crise. Les occidentaux pour leur part, ont accepté l’adhésion de la Russie à l’OMC après dix ans de négociation. Comme si la vieille Europe découvrait que la Russie est sur le même continent et qu’elle avait intérêt à protéger sa stabilité politique.

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Encore du chemin à parcourir

Que la Russie adhère à l’OMC signifie que le pays est désormais admise dans le club des économies sérieuses qui peuvent commercer presque librement avec le reste du monde : peu de tarifs douaniers, peu de barrières, on offre à la Russie un intérêt fort à pouvoir circuler ainsi sur la planète.

Cependant, la Russie doit en contrepartie :

– Ouvrir ses frontières aux produits et aux investissements étrangers.

– Offrir la convertibilité de sa monnaie et chasser la corruption.

– Garantir la sécurité juridique des contrats et respecter le droit des affaires.

La Russie est loin de satisfaire toutes ces conditions. Si d’aventure, vous achetez un immeuble à Moscou, rien ne vous garantie d’en rester le propriétaire…sauf si vous connaissez Poutine. Bref, les Russes ont encore autant de progrès à faire dans la pratique des affaires que dans l’exercice de la démocratie ! Dmitri Medvedev s’engage à prêter 20 milliards d’euros à la zone euro. S’il voulait s’acheter une conduite, il n’aurait pas fait mieux. Sans doute, espère-t-il que nous ne serons pas trop regardant sur les imperfections du régime.

On à intérêt à s’entendre

Les pragmatiques diront que la Russie est une très jeune démocratie. C’est vrai. Ils diront aussi que  l’Europe et la Russie ont intérêt à s’entendre. D’une part, ils fournissent le gaz à toute l’Europe. D’autre part, leurs excédents nous seraient utiles pour financer les dettes. Après tout, l’argent russe vaut bien l’argent chinois. D’autant que si les Russes sortent leurs carnets de chèque, les autres suivront. Les russes ont besoin de la vieille Europe et pas seulement pour venir en vacances à Saint-Tropez l’été ou à Courchevel l’hiver.

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