Qui risque quoi dans la faillite de la Grèce, voici les vrais chiffres

Les gouvernements européens, les banques et l’ensemble des marchés envisagent sans beaucoup d’inquiétudes le non-remboursement des prochaines échéances par la Grèce, et la sortie du pays de la zone Euro.Le calendrier des évènements à venir est très simple. Sauf accord de dernière minute qui solderait trois mois de négociations, d’humiliation, de mensonges et de menaces, la Grèce ne paiera sans doute pas le FMI (1,6 milliards d’Euros), le 30 juin prochain.
Les gouvernements européens, les banques et l’ensemble des marchés envisagent sans beaucoup d’inquiétudes le non-remboursement des prochaines échéances par la Grèce, et la sortie du pays de la zone Euro.

Le calendrier des évènements à venir est très simple. Sauf accord de dernière minute qui solderait trois mois de négociations, d’humiliation, de mensonges et de menaces, la Grèce ne paiera sans doute pas le FMI (1,6 milliards d’Euros), le 30 juin prochain.

Théoriquement, comme le pays sera privé de ressources financières, Athènes décidera aussi de ne plus payer ses créanciers privés en juillet. Ça c’est plus embêtant. Dans ce cas, la Grèce sera dégradée par les agences de notation et ramenée au niveau d’un pays à risques et placée en défaut de paiement. II est vraisemblable à ce moment-là qu’elle sera sortie, de fait, de la zone euro. On peut considérer qu’elle aura en gros un statut de surendettée, interdit bancaire et notamment empêchée de recourir à la BCE.

Maintenant, l’Europe fera ses comptes. Selon le président de la Commission européenne, la Grèce doit 284 milliards d’euros dont 130 milliards au FESF, c’est-à-dire 42 milliards aux Allemands, 31 milliards aux Français et 14 milliards à l’Italie. A côté des dettes FESF, la Grèce a contracté pour 50 milliards de prêts bilatéraux, dont 15 à l’Allemagne et 11 à la France. Sur fonds publics la France est donc engagée à concurrence de 50 milliards remboursables dans un espace-temps qui peut courir encore 50 ans. C’est dire si ces dettes sont supportables.

A côté de cet argent public, il y a encore des acteurs financiers privés qui sont engagés sur la Grèce. Il s’agit surtout des banques britanniques et allemandes. Selon la BRI, la Banque des règlements internationaux, les banques européennes possèdent encore 33 milliards de dollars de créances sur la Grèce et 11 milliards d’engagement hors bilan. Les banques britanniques et les banques allemandes sont chargées de 16 milliards de créances chacune. Les banques françaises sont les mieux protégées puisqu’elles n’ont plus que 2 milliards de créances aujourd’hui alors qu’en 2011, elles avaient encore pour plus de 66 milliards.

Il y a eu un travail considérable de fait pour préserver les banques française à l’initiative de l’Elysée et de Bercy et des banquiers eux-mêmes dès les années 2010-2011.

En conclusion, il n’existe pas de gros risques techniques au défaut grec. Tout le monde est équipé pour résister au choc, ce qui n’était pas le cas en 2011.

Les risques seront surtout politiques. D’abord le peuple grec va souffrir terriblement, il va susciter de la compassion dans les autres pays européens et notamment en Espagne ou en Italie (encore que l’Italie va y laisser des plumes, le contribuable italien comme tous les contribuables n’ont aucune raison de jouer les héros. Cela dit, il va y avoir une vague de fond alimentée par la démagogie d’autant plus forte que rien n’a été expliqué. Les chiffres détaillés de la dette sont très mal connus.

Les Occidentaux sont mal à l’aise. Ils n’ont déjà pas dit à leur opinion publique les sommes colossales qu’ils ont investi à fond perdu en Grèce. Comment expliquer qu’on les abandonne ou plus grave, qu’il faudra doubler la mise ?

Economiquement tout est gérable, tout est soluble. Politiquement le gouvernent Tsipras a magnifiquement joué. Il a rendu la situation insupportable en culpabilisant les pays de l’Europe du Nord.