Rafale Dassault : A qui profite le contrat ?

Mardi, le groupe Dassault a annonçé entrer en négociation exclusive avec le gouvernement indien après son appel d’offre concernant l’achat d’avions de combat. L’avionneur français devrait, si les négociations aboutissent, fournir 126 Rafale. Qui seront les gagnants de ce contrat à 10 milliards d’euros ?

Qui va fabriquer les avions ?

Sur les 126 Rafale, 18 seraient produits et assemblés sur les huit sites du Groupe Dassault Aviation en France. Cela pourrait concerner 8 000 emplois directs. Selon, Guillaume Steuer, chef de la rubrique Défense du magazine Air et Cosmos, « la cadence actuelle est de 11 avions par an, mais elle pourrait augmenter si besoin. Les Indiens souhaitent le 1er avion dans les 36 mois. C’est jouable ». Au total, ce sont près de 500 entreprises françaises qui participent à la conception de l’avion de chasse.  « Les principales entreprises sont Dassault, Thalès (l’électronique), Safran (le moteur) et MBDA (les armes) » détail-t-il. Les 108 autres Rafale seront conçus en Inde.

Cela-va-t-il créer des emplois en France ?

« Pour l’instant, le contrat n’est pas encore finalisé, on ne peut donc pas savoir s’il y aura des emplois supplémentaires », explique Fabrice Cousté, économiste chez CMC Markets. En revanche, « cela va permettre de prolonger d’un an et demi la production de l’avion, donc de pérenniser d’autant les postes » suppose François Bérahel, le PDG de Randstad France, un réseau d’agences intérim notamment spécialisé dans l’aéronotique. Pour les avions indiens, Le Parisien rapporte que Dassault aurait négocié une clause de compensation. Cela signifie que le groupe devra s’approvisionner à hauteur de la moitié du montant des ventes auprès de l’industrie indienne. Pour François Bérahel, « L’autre moitié des équipements devrait être produite par les entreprises françaises, ce qui là encore, pérennise pour quelques années des emplois ».

Combien cela va-t-il rapporter ?

Les chiffres avancés par le groupe sont de l’ordre de 10 milliards d’euros. « Les 18 avions fabriqués en France devraient permettre d’injecter 2 milliards d’euros dans l’économie » ajoute Guillaume Steuer. « C’est la première fois que l’on arrive a exporter une technologie si importante. Cela peut provoquer un effet boule de neige » espère Fabrice Cousté. Mais la prudence reste de mise. « Cela peut capoter jusqu’au dernier moment ». Du côté du groupe Dassault, on est aussi très prudent. « Nous sommes en entré en phase final, mais la signature peut prendre des mois, voire des années ».