Réduction du déficit sans austérité : Le gouvernement veut y croire

3%, c’est le déficit budgétaire en 2013 promis par François Hollande et reconfirmé aujourd’hui à Bruxelles par le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, devant la commission. 3% et sans austérité, c’est possible ?

Tout est possible mais il faut être très croyant. Pierre Moscovici a été auditionné aujourd’hui à la commission pour savoir si la France peut tenir ses engagements de réduction du déficit. C’est terrible la politique. Un ministre en campagne est capable de faire toutes les promesses possibles, même si les conditions économiques qui ont changé, ne lui permettent pas de les respecter. En fait Olli Rehn, le commissaire aux affaires économiques, ne doute pas de la détermination française. Ce qu’il voulait savoir, c’est comment nous allions procéder compte tenu de l’effondrement de l’activité et de la crise de l’Euro.

Pierre Moscovici, n’était pas mandaté pour donner le secret de la politique économique qui sera conduite. Il a simplement reconnu que la croissance sera plus faible et que nous avons un sérieux problème de productivité. La conséquence de ce diagnostic, c’est que sans croissance il n’y aura pas de recettes fiscales. Et sans recettes fiscales, impossible d’atteindre l’équilibre. Les experts estiment qu’il faudra trouver 25 milliards d’euros pour être dans les clous. Pierre Moscovici ne dit rien mais il  faudra dès cette année augmenter les impôts ou baisser les dépenses. Il n y a pas d’autres choix possible. En attendant les élections législatives pour dire la vérité, il a délicatement poussé la poussière sous les tapis de Bruxelles.