Réforme de la fiscalité des entreprises : Le gouvernement va attendre un peu

28,6%, c’est le taux de marge moyen des entreprises en France selon l’INSEE.

On le sait, le taux de marge des entreprises est très important. Il sert à financer, les frais généraux et surtout les investissements ou les embauches. Bref, c’est l’énergie du moteur. Or, en France ce taux de marge est très faible. Aucun progrès dans les PME de l’hexagone depuis 1986. En Allemagne, ce taux de marge est de 40%. De plus, cet indicateur est publié le jour ou une autre étude indique que les industriels ont le moral dans les chaussettes. Dans ces conditions, pas de projets. Du coup, on commence à se demander à Bercy si c’est bien le moment d’alourdir encore la fiscalité des entreprises.

Dans sa campagne, François Hollande avait prévu de revenir sur la taxe professionnelle. Or, on s’est aperçu que ça allait complètement hypothéquer le tissu de 700.000 petites et moyennes entreprises. Par ailleurs, le programme de campagne prévoyait d’annuler la déductibilité d’emprunt dans le rachat d’entreprise. Une proposition qui concernerait 1.900.000 entreprises. Les premières études montrent que ces deux décisions auraient un effet désastreux sur l’emploi. A Bercy, on a compris que si on voulait faire de la croissance ce n’était pas la peine d’empêcher les entreprises de se développer. Le problème dans cette affaire, c’est qu’en abandonnant ces promesses, le gouvernement abandonne aussi des recettes fiscales dont il avait besoin. Il va donc falloir les trouver ailleurs, c’est-à-dire en réductions de dépenses. Politiquement, le gouvernement n’échappera pas au rendez-vous avec la réalité. Il le sait. Mais tant que les élections législatives ne sont pas passées, il n’en parle pas.