Remaniement : François Hollande n’a toujours pas pris de décision

Les visiteurs du soir, ceux que le président de la République a reçu depuis dimanche dernier sont incapables de dire ce qu’il projette de changer dans le gouvernement. En revanche, ils ressortent tous avec la conviction qu’il va défendre et appliquer une politique économique pour redresser les finances publiques. Envers et contre tout, y compris contre sa majorité.

Les visiteurs du soir, ceux que le président de la République a reçu depuis dimanche dernier sont incapables de dire ce qu’il projette de changer dans le gouvernement. En revanche, ils ressortent tous avec la conviction qu’il va défendre et appliquer une politique économique pour redresser les finances publiques. Envers et contre tout, y compris contre sa majorité.

Les visiteurs du soir, ceux que le président de la République a reçu depuis dimanche dernier sont incapables de dire ce qu’il projette de changer dans le gouvernement. En revanche, ils ressortent tous avec la conviction qu’il va défendre et appliquer une politique économique pour redresser les finances publiques. Envers et contre tout, y compris contre sa majorité.Que le président ait distillé pendant cette longue semaine des bribes d’information, qu’il ait laissé fuiter des noms de ministres possibles ou sanctionnés, ça fait partie du jeu politique. Ça lui a peut-être aussi permis de tester quelques solutions… mais ceux qui l’ont rencontré en tête-à-tête à sa demande pour un entretien relativement long, des ministres importants , deux chefs d’entreprises de ses amis et le président de la Banque centrale européenne… Bref des visiteurs du soir ou du matin peu enclin à rendre public le contenu de leur conversation, en sont sortis semble-t-il  très perplexes.

Tous ces gens-là – ils se comptent sur les doigts d’une seule main- sont incapables  de dire si le président de la République va ou pas  remanier son gouvernement, incapable de dire s’il va changer son Premier ministre,  et surtout qui dans son entourage de confiance pourrait aller à Matignon. D’où la spéculation et la pression médiatique pour imaginer des solutions qui n’ont aucun fondement réel mais qui pourrait trouver une réalité.

Bref aucune information fiable, en revanche tous les visiteurs ressortent de l’Elysée mais la conviction que le président s’est donné une feuille de route très précise et très déterminée. « Je l’ai rarement vu aussi déterminé sur la ligne de politique économique à suivre », dit l’un d’eux…

Explications : Ce que l’on sait de l’analyse que François Hollande fait de la situation de déroule en trois points, comme à l’ENA.

Premier point, le parti socialiste  a subi une défaite cuisante. Il a été surpris par l’ampleur des dégâts et considère que les sondages qui n’avaient pas prévu ces résultats locaux, ont induit tout le monde en erreur. D’où l’embarras des socialistes dimanche, à admettre les difficultés.

Second point, il considère que l’échec est imputable au manque de résultat sur la croissance et sur le chômage. Si le peuple de gauche pense que le gouvernement a échoué  parce que la politique n’était pas assez de gauche, Françoise Hollande considère que ses ministres et lui-même se sont trompés de communication.

Troisième point, il estime pouvoir redresser sa situation s’il réussit à délivrer des résultats tangibles avant 2017 et fin de raisonnement, il n’obtiendra de résultat sur la croissance et l’emploi  que si et seulement si il applique son pacte de responsabiilité. Lequel passe par des réductions de dépensés publiques et donc un rééquilibrage des comptes. La France est le dernier des européens à ne pas avoir fait ce qu’il fallait pour redresser ses comptes. Tous les autres pays de la zone euro ont fait cet effort. Tous les autres y compris les plus malades ont retrouvé un début de croissance.

A tous ses visiteurs François Hollande  explique qu’il n’a pas d’autres solutions, que les coupes budgétaires sont prêtes, 50 milliards sur 3 ans. Qu’il doit présenter son programme à Bruxelles avant le 12 avril et la semaine suivante, il devra répondre aux agences de notation. François Hollande sait parfaitement que ce virage est en contradiction avec le message sorti des urnes lors du premier tour des municipales. Il n’attend pas de miracles du second tour.


Alors quand des observateurs naïfs demandent si la majorité acceptera de porter les efforts, ou quel gouvernement mettra en musique un tel paquet budgétaire, il répond et répète qu’il assumera personnellement tous les éléments du pacte de responsabilité.

Dans ces conditions, le remaniement du gouvernement parait secondaire. Il pourrait changer de premier ministre, oui mais qui choisir ? Un Manuel Vals qui est désormais, moins populaire et dont la fragilité a percé ces dernières semaines. Un Laurent Fabius, plus expérimente certes mais qui laisserait peu d’espace au président. Un Michel Sapin loyal entre tous, mais handicapé par le chômage dont il est le ministre.  Il n y a pas sur le marché, un premier ministre de remplacement idéal capable de résoudre l’équation. Jean marc Ayrault pourrait donc sauver sa peau.

Reste que si remaniement existe, il serait donc limité a une réduction du nombre de ministres,  à un renforcement de Bercy. Le tout autour d’un noyau de ministres qui ont fait leur job, et qui pourraient là où ils sont déjà appuyer le pacte de responsabilité. Une sorte de garde rapprochée composée de  Laurent Fabius, Michel Sapin, Pierre Moscovici, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, les poids lourds… Au-delà, restera à passer un deal avec les ministres comme Cécile Duflot ou Arnaud Montebourg.

Ceci dit, les députes de la majorité de gauche ne s’opposeront pas frontalement au président (qui possède une arme de dissuasion très efficace, la dissolution) donc les députés voteront un pacte de compétitivité si douloureux qu’il soit. Quant aux ministres Duflot et Montebourg,  ils auraient de vraies raisons de s’opposer au pacte de compétitivité, mais pas pour les mêmes raisons. Donc ils ne se mettront pas en travers de Françoise Hollande d’autant que ce qu’’ils veulent par-dessus tout, c’est garder un ministère, un bureau, une voiture et son chauffeur.

Maintenant, personne ne sait quel jour, François Hollande  pourrait annoncer sa reprise du pouvoir en prenant à son compte le pacte de compétitivité avec le détail des baisses d’impôts. Quel jour ?

Certains avaient pensé que le président pourrait intervenir dès le dimanche soi. Mais trop tôt. Mieux vaut prendre 24 heures pour tirer les leçons. Les conseillers de l’Elysée auraient repoussé à mardi … mais mardi c’est le 1er avril. Pas très heureux pour être crédible. On attendra donc quelques jours de plus, l’annonce du changement. Pas très grave, on a déjà tellement attendu.