Retraites : « Il faut aligner le public sur le privé ! »

Le rapport Moreau sur les retraites, remis vendredi à Matignon, propose de prolonger la durée de cotisation jusqu’à 44 ans, de mettre à contribution les retraités et ouvre le dossier délicat des pensions des fonctionnaires. Pour Agnès Verdier-Molinié de l’IFRAP, le rapport va dans la bonne direction. Et reprend des mesures dévoilées dans un dossier de la fondation. Dans « Retraites : les 15 clés de la réforme », la directrice générale de l’IFRAP propose un plan d’allongement de la durée de cotisation à 45 années de cotisation et un recul de l’âge légal de départ à 65 ans. Par ailleurs, elle préconise aussi une indexation des retraites en fonction de la situation économique.

Le rapport Moreau sur les retraites, remis vendredi à Matignon, propose de prolonger la durée de cotisation jusqu’à 44 ans, de mettre à contribution les retraités et ouvre le dossier délicat des pensions des fonctionnaires. Pour Agnès Verdier-Molinié de l’IFRAP, le rapport va dans la bonne direction. Et reprend des mesures dévoilées dans un dossier de la fondation. Dans « Retraites : les 15 clés de la réforme », la directrice générale de l’IFRAP propose un plan d’allongement de la durée de cotisation à 45 années de cotisation et un recul de l’âge légal de départ à 65 ans. Par ailleurs, elle préconise aussi une indexation des retraites en fonction de la situation économique.

Que pensez-vous des premières conclusions du rapport ?
J’estime que le rapport va dans le bon sens. Par exemple sur la question du mode de calcul des retraites des fonctionnaires, le rapport est aligné sur ce que l’on a proposé à l’IFRAP dans notre étude. Car c’est tout de même un problème que, sur un parcours identique, la retraite de la fonction publique soit plus élevée. Là où le rapport ne va pas assez loin, c’est sur la question de différentes caisses. Nous proposons de réunir l’ensemble des 35 régimes pour créer un système universel. C’est important pour une question d’équité, mais aussi parce que les carrières sont, et seront, de plus en mixtes entre secteurs public et privé.

Votre rapport préconise justement de créer un système « universel ». Quels en seraient les bénéfices?
Une simple question d’économie. Au fur et à mesure de l’histoire chacun a créé sa caisse de retraite : les agriculteurs, les cheminots, les indépendants… Si bien qu’aujourd’hui on a 35 régimes différents ! Ce n’est pas tenable sur le long terme. Nous devons avoir le même système pour tous. Car nos carrières ne sont pas aussi « monolithiques » que dans les années 50. On a déjà beaucoup de problèmes avec ceux qui ont eu beaucoup d’activités différentes, que l’on appel les « polypensionnés ». On voit bien que c’est déjà un casse-tête, et on en aura de plus en plus. La difficulté aujourd’hui, c’est que l’on refuse d’accepter le fait qu’il y a une véritable iniquité.

Vous insistez, dans le rapport, sur les conditions d’un alignement public-privé. Pour quelles raisons ?
Parce que l’on pourrait économiser une dizaine de milliards d’euros par an ! Si on ne réforme pas, il faut bien comprendre qu’il y a une possibilité que l’État ne puisse plus payer les retraites. Il y a aussi une vraie attente de la population. Rendez-vous compte que, ces derniers mois, on a désindexé les retraites complémentaires sans  toucher aux retraites du secteur public. C’est-à-dire qu’aujourd’hui ce sont les retraités du secteur privé qui font les efforts. A l’heure actuelle, l’âge de départ en retraite d’un salarié de la RATP ou de la SNCF, c’est autour de 54 ans. La fonction publique d’État part avec une retraite moyenne de 1920 euros contre 1520 euros dans le privé. Et ce, à carrières complètes identiques.  Puisque que l’on a un gouvernement qui est en perpétuel intervention sur les questions de justice et d’égalité, qu’il agisse avec un calendrier clair. Sinon, la population aura de plus en plus de mal à le supporter.