Si Hollande veut gagner la bataille de l’emploi, il doit favoriser l’entreprise

Par Jean-Marc Sylvestre. Jean-Marc Ayrault présente jeudi sa feuille de route pour les six prochains. Dès le lendemain, c’est François Hollande qui présidera une réunion consacrée à la situation économique et sociale française. Tout le gouvernement est mobilisé autour d’un objectif : inverser la courbe du chômage en fin d’année. Les mesures adoptées en 2012 en faveur de l’emploi (emplois d’avenir, contrat de génération) sont des mesures qui relèvent d’un traitement social du chômage, c’est-à-dire d’un subventionnement, d’un sponsoring de l’emploi par les dépenses publiques. C’est tout la logique des contrats de génération, des emplois d’avenir et contrats aidés. Or on ne peut pas continuer d’aider le travail.

D’un point de vue politique, François Hollande a eu raison de citer dans son discours du 31 décembre ces mesures déjà prises en faveur de l’emploi car il sait que son électorat est composé à 90% de fonctionnaires, de gens issus de la fonction publique et qui vivent de revenus de redistribution (fonction publique, administration ou revenus d’assistance). En revanche, économiquement il a eu tort de le dire et aurait tort de continuer de le faire. Il existe ainsi une contradiction de plus en plus grande entre la finalité politique d’un discours et son impact économique. En l’occurrence, il y a une contradiction entre la logique du marché politique qui veut que François Hollande achète des électeurs, et la logique du marché économique qui veut que l’on crée des emplois. Ce n’est pas contradictoire en période de croissance, mais ça le devient en période de crise. Le président sait donc qu’il faudra à terme changer de discours politique. Il a commencé à l’infléchir, mais pour faire passer la pilule de l’infléchissement, il est obligé de passer de la pommade.

Pour remporter la bataille de l’emploi, il faut absolument créer un écosystème qui soit favorable aux entreprises, car ce sont bel et bien les entreprises et elles seules qui créent des emplois productifs. Il va donc falloir d’abord réduire leur imposition. C’est ce qui va être fait avec la mise en place du crédit d’impôt compétitivité, qui est une bonne chose. Il va falloir ensuite réduire l’imposition des capitaux investis et enfin assouplir la réglementation du travail. Plus vous assouplirez cette réglementation, plus vous favoriserez l’embauche des travailleurs.