Si la Grèce sort de l’euro, qui sont les gagnants et les perdants ?

Pour une majorité de dirigeants politiques, la sortie de l’euro est de plus en plus probable. On a même l’impression que cette hypothèse n’effraie plus personne.

Les temps changent. Il y a deux ans, le scénario de sortie de la Grèce de la zone euro débouchait sur une catastrophe absolue. Aujourd’hui, certains en viennent à penser que ce serait un soulagement. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäublevient d‘expliquer que la zone Euro pouvait supporter une sortie de l’euro. Sous-entendu la sortie de la Grèce nous coûtera désormais moins cher que son maintien sous perfusion.

.Si la Grèce sort de l’euro, combien ça coûte et qui paye ?

Si la Grèce sort de l’euro, c’est elle qui le décidera en refusant les accords de coopération. Sa monnaie sera dévaluée automatiquement de 50% environ par rapport à l’euro. Ça veut dire que ses dettes sont dévaluées et écrasées. Tous ceux qui ont prêté de l’argent à la Grèce sont perdants.

.Qui seront les perdants ?

Les créanciers privés, c’est-à-dire les banques ont déjà abandonné et perdu 150 milliards d’euros. Les créanciers publics, le FMI, l’UE, la BCE, détiennent encore 75% de la dette grecque, soit 303 milliards d’euros. Or cette dette publique est portée en réalité par la France et par l’Allemagne. De leur côté, les épargnants et les retraités grecs portent les 25% restants. Ils sont ruinés. En bonne logique, l’intérêt d’une dévaluation massive c’est de faire repartir l’économie. Problème, il n’y a pas d’activités en Grèce à part la feta, les olives et le tourisme.

.Qui va gagner dans cette affaire ?

C’est très immoral,  mais les grands gagnants ce sont les Grecs expatriés. Ils ont sorti leur fortune dont la valeur aura doublé. C’est ce retour dans le pays qui devrait permettre à la Grèce de s’en sortir. Encore faut-il qu’ils veuillent bien revenir.