Sortie de l’euro : La Grèce au bord du chaos

700 millions d’euros, c’est le montant de l’argent retiré en une seule journée dans les banques par des Grecs paniqués à l’idée que leur pays sorte de l’euro.

Aussi triste que ça puisse paraitre, les Grecs n’ont qu’un seul but. «Prendre l’oseille et se tirer ». Ils se précipitent donc au guichet de leurs banques pour sortir en cash ce qui leur reste sur leurs comptes courants ».
Ce mouvement de panique était latent depuis les dernières élections. Il est devenu très spectaculaire depuis 24 heures. La raison en est simple. Les Grecs font le même raisonnement que la majorité des responsables européens : Les nouvelles élections ne permettront pas de dégager une majorité pro-européenne. Plus grave, il est probable que les partis extrémistes sortent renforcés. Les partisans du non respect des engagements seront donc encore plus nombreux. Dans ces conditions, la Grèce sera contrainte de quitter l’euro. Pour les grecs, il est évident que la situation sera encore plus catastrophique qu’aujourd’hui.

Les autorités européennes se préparent donc à cette séparation. Les grecs s’y préparent aussi et dans cette perspective, ils retirent leur argent. Ce qui aggrave encore la situation des banques. On estime que depuis trois mois, les Grecs ont retiré de leurs banques plus de 60 milliards d’euros. Les plus riches ont fait des placements en Suisse et les autres gardent chez eux leur argent en se disant que, quoi qu’il arrive, l’euro conservera  sa valeur alors que la nouvelle monnaie sera dévaluée de 50 ou 80%.

Les risques de cette situation sont catastrophiques. D’abord les banques se retrouvent très rapidement en rupture de liquidité avec un risque de contagion à l’Italie ou à l’Espagne. Certains craignent aussi une fermeture de ces banques entrainant l’affolement de la population. On peut même imaginer des manifestations de violence, parce qu’après tout c’est leur argent. On a connu cela en Islande en 2008. Le seul moyen est de rassurer l’opinion sur la solidité du système. Mais on ne voit pas, qui en Grèce aurait la légitimité et la puissance pour restaurer la confiance.