Taxe Google : Eric Schmidt à Paris pour rencontrer François Hollande

Le patron de Google Eric Schmidt, qui sera reçu lundi par le président François Hollande à Paris, arrive en terrain miné face à des éditeurs de presse français et européens déterminés à faire payer le moteur de recherche américain. Italiens et Allemands font cause commune avec les Français pour réclamer l’instauration par la loi d’un droit payant qui serait versé par Google aux organes de presse, arguant que ce sont leurs contenus, régulièrement actualisés, qui drainent les visiteurs vers le géant du net. Sourd à ce stade aux revendications d’une presse qui prend la crise de plein fouet, Google montre les dents: le moteur de recherche menace de ne plus référencer les journaux français si une telle taxe devait voir le jour, c’est-à-dire de ne plus afficher les liens qui renvoient le lecteur vers leurs sites. Instaurer une taxe serait « néfaste pour internet et pour les internautes », a estimé Olivier Esper, responsable de Google, dont le siège social est basé en Irlande et échappe ainsi à la taxation sur les sociétés dans l’Hexagone.  Pendant son étape parisienne, le président exécutif du groupe Eric Schmidt, qui entame ainsi une tournée européenne, doit être reçu par la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, favorable à la demande des éditeurs.

Selon le site internet du Figaro, François Hollande serait favorable à une loi pour contraindre Google à partager les bénéfices créés par l’information en ligne. Il l’aurait affirmé aux éditeurs de la presse quotidienne régionale qu’il recevait à déjeuner mercredi dernier avec Mme Filippetti : « Il connaissait bien le dossier et il nous a affirmé qu’il soutiendra l’adoption d’un texte de loi dès janvier 2013 », a raconté un convive, affirme Le Figaro. La ministre de la Culture est du même avis et juge les revendications des éditeurs « légitimes ». En revanche, Fleur Pellerin, ministre déléguée au numérique, qui sera présente au côté de François Hollande lundi après-midi à l’Elysée, selon son agenda, préfèrerait se passer d’une « Google Lex » et prône « une discussion apaisée ».