Taxes sur les transactions financières, actions gratuites… Les députés de gauche se déchaînent pour torpiller les chances de la France de profiter du Brexit

Le gouvernement a plié cette semaine devant les députés de sa majorité qui font tout pour détruire l’image de la France, à un moment où s’ouvre la compétition européenne pour profiter du Brexit.

Le gouvernement a passé une semaine épouvantable pendant laquelle il a étalé aux yeux du monde entier son impuissance politique. La majorité de gauche est-elle à ce point découragée par la situation politique, par le comportement aberrant du président de la République, pour tomber dans la surenchère de gauche sur le terrain fiscal ? Nul ne le sait.

Toujours est-il que cette semaine, la majorité a voté à l’Assemblée un renforcement de la taxe sur les transactions financières et a adopté une taxation des actions gratuites. Et ça n’est pas fini car en période électorale, un député se découvre une imagination délirante.

On voit bien l’idée : il s’agit de donner un grand coup de barre à gauche et des gages à tous ceux qui estiment que le gouvernement a perdu sa boussole et que le président a vendu son âme au diable capitaliste.

Très bien, mais s’est-on aperçu que ces mesures ne sont pas que symboliques, et qu’elles ont un impact direct sur les investisseurs et sur tous les chefs d’entreprise à un moment où le site France est entré en compétition avec beaucoup de capitales en Europe pour récupérer les activités de la City à Londres qui fuiront le Brexit ? Cette situation est incroyablement irresponsable.

La France est l’un des pays au monde où l’art de vivre est le plus agréable, tous les étrangers le reconnaissent : sa géographie, son histoire, sa culture, sa façade atlantique, ses joyaux méditerranéens, ses stations de ski, sa gastronomie, les richesses de son terroir, et même ses grands équipements, son TGV, ses autoroute, son systeme de santé, la Sorbonne, etc. Les Américains, les Anglais, les Asiatiques ne tarissent pas d’éloges et parlent de la France avec des sanglots dans la voix.

Pour passer des vacances ou même pour y vivre, la France n’a pas de concurrent sérieux dans le monde. Seulement voilà : pour y travailler et s’y épanouir professionnellement, la France est une galère.

Tout le monde se plaint des grèves à répétition, des manifestations qui aggravent la circulation dans Paris, de l’insécurité dans les villes et les banlieues, des retards dans l’administration, de la pesanteur du droit social, des 35 heures qui paralysent tout et, cerise sur le gâteau, de l’instabilité fiscale sans parler du poids des impôts et des taxes pour ceux qui travaillent.

Le résultat des courses, c’est que les jeunes Français super-diplômés et compétents qui veulent créer une start-up quittent l’Hexagone pour tenter l’aventure, que les investisseurs ont installé leurs services de gestion à Londres ou à Francfort, et que les riches sont à Bruxelles ou Genève.

Cette situation n’est pas nouvelle. Mais ce qui est nouveau, c’est qu’on entre dans une période où la place de Londres risque de perdre ses avantages compétitifs pour accueillir les services financiers du monde occidental.

La Grande-Bretagne, nation commerçante depuis le 17ème siècle, a su au cours des 50 dernières années transformer Londres en capitale mondiale des services financiers.

Cette performance s’explique par le caractère singulier dont profitait la Grande-Bretagne en Europe, au niveau fiscal et règlementaire. Elle bénéficiait de tous les avantages de l’Europe, et notamment la libre circulation (le fameux passeport), sans les inconvénients. Elle pouvait faire toutes les opérations sur l’euro sans avoir les contraintes de l’union monétaire. Avec, en prime, une fiscalité ultra-light. Il n’y avait pas mieux dans le monde.

Le vote sur le Brexit doit normalement mettre fin à ces privilèges. Beaucoup d’institutions internationales (les fonds et les banques américaines, asiatiques ou arabes) n’auront a priori plus d’intérêt à rester à Londres. Elles cherchent donc des terres d’accueil qui pourraient leur offrir les mêmes conditions que celles qu’elles vont perdre à Londres. Elles regardent donc avec gourmandise Francfort, Amsterdam, Dublin, Berlin, Luxembourg.

Et Paris dans cette compétition ? Eh bien Paris, formidable ville pour passer ses week-ends, fait tout pour dissuader les investisseurs ou les banques internationales de venir y travailler… La semaine passée a été catastrophique pour la réputation française.

1) L’image du président de la République est évidemment de plus en plus dégradée et surtout la gouvernance française est incapable de donner un cap. On ne peut pas dire que le débat qui se déroule à droite soit plus et mieux structuré au niveau de l’ambition.

Dans cette compétition européenne pour récupérer les activités de Londres, il faudrait commencer par être convaincu que le Brexit aura lieu. A partir du moment où les Britanniques ont voté, il faudrait que les Européens fassent tout pour les obliger à prononcer le divorce. Or, l’attitude française n’apparaît pas déterminée (celle de l’Allemagne non plus), ce qui permet aux Britanniques d’envisager des négociations qui leur permettraient de conserver les avantages de l’Union européenne tout en étant complètement libres.

Pour les investisseurs, ce n’est pas sérieux et c’est aux Européens d’exiger l’application des traités. Et en Europe, on attend que la France tienne son rôle de leader.

2) La France fait tout pour dresser des obstacles à l’accueil des sociétés ou des activités qui pourraient s’exercer dans l’Hexagone. La pression fiscale sur le capital est déjà parmi les plus élevées d’Europe (d’où la fuite des riches), mais il faut croire que pour les députés de gauche, la pression fiscale n’est pas encore suffisante puisqu’ils viennent d’adopter un amendement à la loi de finances pour accroître la taxe sur les transactions financières. Cette disposition met la France au premier rang en Europe. Du coup, les transactions seront toujours mieux traitées à Francfort ou à Luxembourg.

Autre mesure suicidaire, la taxation des actions gratuites qui seront désormais considérées comme des revenus imposables. Or, ces actions gratuites sont aujourd’hui le principal moteur du développement des entreprises nouvelles, et pas seulement. Si l’entreprise veut s’attirer des talents, des experts, sans pouvoir payer des salaires de stars, elle propose des actions gratuites qui, au bout de 5 ou 8 ans se sont valorisées avec le succès de l’entreprise, ce qui permet aux cadres dirigeants et aux talents de se rémunérer.

Si la distribution d’actions gratuites n’est plus possible, les talents iront voir ailleurs.