Tentative d’OPA: Ingenico réveille le patriotisme économique.

Dans un communiqué paru vendredi soir, le groupe Français Ingénico, leader mondial des terminaux de paiement, a annoncé avoir fait l’objet d’une proposition de rachat. L’acquéreur qui selon plusieurs sources était l’américain Danaher, avait proposé le rachat de 100% des actions en numéraire au prix de 28 euros (soit une prime de 1,5%).

Par son conseil d’administration de Dimanche soir, Ingénico a fait savoir que « l’acquéreur n’a pas proposé d’offre susceptible d’être acceptée par le conseil ».

La décision aurait été prise en grande partie sous la pression du gouvernement révèle le Figaro de ce jour:

« L’État est en effet indirectement concerné par l’opération en tant que principal actionnaire du groupe Safran, qui détient 22,5% d’Ingenico ». Le Figaro indique que ce groupe est considéré comme stratégique par les pouvoirs publics, en particulier parce qu’il travaille sur une technique d’encodage des informations personnelles à l’aide de la biométrie. Le journal écrit également que l’Élysée aurait donc demandé à Éric Besson le ministre de l’Industrie, d’intervenir pour trouver la parade à cette tentative de rachat. Ce dernier aurait pris contact avec le PDG de Safran.

De son côté, Eric Besson indique ce lundi soir par l’AFP que « L’Etat a pleinement conscience du caractère stratégique de cette entreprise (…) Je me réjouis qu’hier, le conseil d’administration (d’Ingenico) ait considéré que l’offre n’était pas suffisamment intéressante ».

Un retour en force du patriotisme économique, pour une entreprise qui est considéré comme une des pépites Hi-tech française, dont le titre en bourse a gagné plus de 60% depuis le début de l’année.