Toujours pas d’accord européen concernant la Grèce

La zone euro a échoué dans la nuit de mardi à mercredi à trouver un accord ouvrant la voie au déblocage de l’aide financière à la Grèce, et va de nouveau se réunir lundi pour tenter de prendre une décision vitale pour le pays. Réagissant à cet échec, le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a mis en garde les partenaires et bailleurs de fonds de son pays contre le risque d’une déstabilisation de la zone euro. « Nos partenaires et le FMI ont le devoir de faire ce qu’ils ont assumé, ce n’est pas seulement l’avenir de notre pays mais la stabilité de toute la zone euro qui dépend du succès de la conclusion de cet effort ces prochains jours » a-t-il déclaré. Après plus de 11 heures de discussions, les principaux créanciers de la Grèce ont établi un constat d’échec. « Des progrès ont été faits, mais il en faut encore un peu plus », a déclaré la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde. La réunion a été interrompue « de façon à ce que des travaux techniques puissent avoir lieu concernant certains éléments de ce paquet », selon ce communiqué qui annonce la tenue d’une nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi à Bruxelles. Se disant « un peu déçu » par l’échec des négociations, leur chef de file, Jean-Claude Juncker, a estimé qu’un accord serait « possible lundi ». Les ministres étaient réunis une nouvelle fois pour se mettre d’accord sur le versement à la Grèce d’un prêt pouvant aller jusqu’à 44 milliards d’euros. Ils devaient aussi trouver un terrain d’entente avec les autres créanciers publics, en premier lieu le FMI, sur la façon de réduire la dette du pays et comment combler un trou de financement de la Grèce sans injecter de nouveaux fonds. La semaine dernière, une divergence était apparue publiquement entre la patronne du FMI, Christine Lagarde, et M. Juncker, prêt à repousser de 2020 à 2022 l’échéance à laquelle la Grèce doit ramener sa dette à 120% du PIB. Une option que refuse catégoriquement le FMI. De nombreuses solutions sont à l’étude. Parmi elles, un abaissement des taux d’intérêt des prêts déjà consentis à la Grèce, un allongement des durées de remboursement ou un rachat par le pays d’une partie de sa dette à prix cassé. Les ministres ont en revanche avancé sur le renforcement du contrôle des sommes versées à la Grèce, comme le voulait Berlin.